lun. 8 mai 2023

15:00

Sommes-nous à la veille d'un nouveau super cycle des matières premières ?

Sommes-nous à la veille d'un nouveau super cycle des matières premières ?

En 2020 et en 2021, le rebond violent et rapide de l’économie a fortement impacté à la hausse le prix des matières premières à cause du décalage temporel existant entre la reprise de la demande et une offre qui ne suivait pas. Ensuite, comme l’avait souligné la Banque Mondiale dans un rapport d’avril 2022, « la guerre en Ukraine a provoqué d'importantes perturbations des chaînes d'approvisionnement, et entraîné des prix historiquement élevés pour un certain nombre de matières premières ». Ce qui s’est avéré correct, en tout cas jusqu’à l’été 2022. Mais depuis, comme on le voit sur le graphe ci-dessous, la tendance s’est inversée, à l’instar des indices Bloomberg Commodity Index et S&P GSCI Index.

La baisse du prix de la plupart des matières premières est due au ralentissement important de la demande dans l’économie mondiale (en Europe, aux USA et surtout en Chine, le marché déterminant car le plus « gourmand » en matières premières). Et la chute des prix de l’énergie (pétrole, gaz, électricité) a été particulièrement spectaculaire ces derniers mois. Ainsi par exemple le prix du baril de pétrole (Brent) a baissé d'environ 34 % depuis 1 an, et le prix du gaz TTF a chuté de près de deux tiers sur le même laps de temps ! Autres exemples, toujours sur la dernière année, au niveau des métaux et des matières premières industrielles, le prix du minerai de fer a reculé de 27 %, le nickel et l’aluminium ont abandonné environ 20 %, le cuivre a limité la casse à 10 % alors que le prix du lithium s’effondrait par contre de 61 % et que celui du cobalt perdait 57 %. À noter toutefois que les métaux précieux ont réagi de manière inverse en 1 an, le prix de l’or augmentant de près de 8 % et l’argent augmentant de près de 16 % sur cette période.

Comment alors envisager l’avenir : poursuite de la baisse, stagnation ou reprise des prix des matières premières? La lutte organisée par les banques centrales (FED et BCE en tête) contre l’inflation galopante et donc la hausse des taux d’intérêt pèsent évidemment sur l’activité économique et donc la demande de matières premières. Mais au-delà du fléchissement économique actuel, si on se projette davantage vers l’avenir, il est interpellant de constater qu’on a commencé l’année 2023 avec des stocks très bas, au niveau mondial, pour de nombreuses matières premières.

Ainsi par exemple, comme on le voit sur le graphe ci-dessous, fin 2022 les stocks du London Metal Exchange (LME) qui comprend notamment des matières premières stratégiques comme l’aluminium, le cuivre ou encore le nickel, n’ont plus été aussi bas depuis au moins 20 ans…

Que se passera-t-il alors quand l’économie renouera avec la croissance et que la demande augmentera sensiblement ? D’autant que la transition énergétique va doper les besoins en matières premières spécifiques, pour la fabrication d’éoliennes notamment mais aussi, et surtout, pour la production de véhicules électriques dont les ventes augmentent et qui vont croître de manière exponentielle.

Il est ainsi frappant de comparer la différence de besoins en matières premières selon que l’on considère une voiture thermique ou un véhicule électrique (tableau ci-dessous) : il faut par exemple 22,3 kg de cuivre en moyenne pour une voiture thermique contre 53,2 kg pour un véhicule électrique. Et si on somme les besoins des différents minéraux nécessaires à un tel véhicule (cuivre, manganèse, nickel, cobalt, lithium...), soit près de 207 kg, c’est plus de 6 fois ce qui est nécessaire actuellement pour une voiture essence ou diesel !

Or, en même temps, il est notoire qu'au cours de ces dernières années, il y eu trop peu d’investissements pour découvrir et exploiter de nouveaux gisements de matières premières ou augmenter la capacité de production des sites existants. Par ailleurs, l'offre aura bien du mal à suivre la hausse de la demande, car il s'écoule de nombreuses années entre un investissement et les premiers volumes de production, entre 10 et 15 ans par exemple pour une mine de métaux...

Stocks peu élevés historiquement, demande à venir en probable forte augmentation, le marché des matières premières est-il appelé à fortement rebondir ? En tout cas, lors d’une conférence internationale du Financial Times, le 21 mars dernier à Lausanne, la banque d’affaire américaine Goldman Sachs a affirmé que, malgré une économie mondiale agitée par de multiples remous, le secteur minier et plus largement celui des matières premières non agricoles pourrait avoir entamé un nouveau cycle d’envergure, appelé plus communément un « super cycle ». 

À l’appui de cette affirmation, il est intéressant de noter qu’un important ratio de valorisation des matières premières par rapport aux actions vient d'atteindre son niveau le plus bas depuis 50 ans (voir ci-dessous). On compare donc ici l’indice des actions américaines S&P 500 avec l’indice S&P GSCI (Goldman Sachs Commodity Index) qui reprend des matières premières de l’énergie, des métaux et des matières premières agricoles. Historiquement, les creux dans le ratio matières premières/actions correspondent au début de nouveaux super cycles des matières premières… Sommes-nous maintenant dans ce cas, les paris sont lancés !

Source : Michel Ernst, Stratégiste Actions Senior - CBC Banque Privée

11:36

Les titres les plus négociés sur Bolero

Chaque jour, nous vous offrons un aperçu des titres les plus négociés chez Bolero sur Euronext. Idéal pour prendre la température du marché boursier et pour découvrir les actions ou les titres que les autres investisseurs s'arrachent !

Dans le top 10 aujourd'hui : Solvay, Recticel, Melexis, KBC, ING, bpost, BNP Paribas, AB InBev, Retail Estates, VGP.

9:39

Actualités des entreprises du Benelux

  • PostNL a enregistré un bénéfice d'exploitation (EBIT) de 7 millions d'euros au premier trimestre, alors que l'on prédisait une perte de 2 millions d'euros.
  • Greenyard a augmenté ses ventes annuelles d'environ 8 %, a réalisé un bénéfice net de 10 millions d'euros et versera un dividende.
  • Les recherches initiales effectuées par BYJUs, qui fait partie du portefeuille de Sofina, n'ont révélé aucune violation de la loi sur la gestion des changes (Foreign Exchange Management Act - FEMA). 
  • Le médicament contre la schizophrénie basé sur la technologie des polymères de Corbion vient d'être approuvé par la FDA.
9:33

Actualités des entreprises européennes

  • ABB crée une joint-venture pour une installation de production d'hydrogène en Suède.
  • Ouverture du dossier de vente du réseau Televom Italia.
  • Almirall a dépassé les attentes trimestrielles.
  • Volkswagen met au placard la quasi-totalité des membres du conseil d'administration de sa division logicielle Cariad.
9:19

Actualités des entreprises américaines

  • Bénéfice trimestriel de 35,5 milliards de dollars pour Berkshire Hathaway pour une trésorerie de 130 milliards de dollars.
  • Baxter serait en pourparlers pour la vente de ses solutions biopharmaceutiques.
  • Enquête sur la négociation avec informations privilégiées chez First Republic.
  • Les actions de Carvana s'envolent de 55 % après que les shortes aient été pris de court par les prévisions de bénéfices.
  • Microsoft nie toute collaboration avec AMD dans le domaine de l'IA.
  • Sonos et Google s'affrontent aujourd'hui dans une affaire de brevets.
  • Les startups américaines de véhicules électriques voient leurs réserves de liquidités diminuer après les baisses de prix de Tesla.
9:16

Actualités des entreprises asiatiques

  • Alibaba veut rendre le réseau Cainiao public.
  • Bénéfices records pour Marubeni.
  • La baisse des taux de dépôt favorise la hausse des actions des banques chinoises.
  • Westpac rejette l'objectif de réduction des coûts, le PDG met en garde contre une forte inflation dans les services.