mer. 3 mai 2023
Dans cet article, le jeune investisseur Cédric Proost revient dans un premier temps sur le mois d'avril en Bourse avant de jeter un œil sur ce qui attend les investisseurs en mai.
La saison des résultats et des dividendes bat actuellement son plein, et cela signifie également que de nombreux chiffres très intéressants sont publiés. Commençons par les actualités boursières les plus importantes du mois qui vient de passer :
Le mois de mai est synonyme de mois du dividende à Bruxelles
Un mois intéressant s'annonce pour les investisseurs de la Bourse de Bruxelles. Un mois riche en paiements de dividendes et en dates ex-dividende (la date à partir de laquelle elle est cotée sans le droit au dividende à venir). Consultez facilement les dates de paiement du dividende de toutes les entreprises via la plateforme web Bolero (via l'onglet « Aperçu ») ou via l'application mobile Bolero (via l'onglet « Chiffres-Clés »). Un aperçu du mois à venir :
En tant qu'investisseur, il est important de ne pas vous focaliser aveuglément sur les actions présentant les rendements en dividendes les plus élevés. En effet, ces rendements peuvent ne pas être durables à l'avenir. Un paramètre important pour vérifier la stabilité d'un dividende est le « ratio de distribution » («pay-out ratio»). Ce pourcentage met en balance le dividende versé et le bénéfice net réalisé. Un pourcentage élevé (supérieur à 100 %) indique que le dividende pourrait ne pas être viable à long terme. Notez également qu'à la date ex-dividende, la valeur de l'action diminue souvent d'un montant égal à celui du dividende brut. Les liquidités retirées de l'entreprise font chuter la valeur de celle-ci. Il n'est donc pas rentable d'acheter l'action uniquement pour le dividende et de la revendre immédiatement.
Hausse des taux d'intérêt
Cette semaine, la Réserve fédérale américaine (Fed) (mercredi) et la Banque centrale européenne (jeudi) décideront de l'évolution des hausses de taux d'intérêt. La Réserve fédérale devrait relever ses taux de 25 points de base. L'économie américaine est à la frontière de la récession. C'est pourquoi la Fed procède à des hausses de taux d'intérêt plus prudentes. Quant à la BCE, on ne sait pas encore si elle optera pour une hausse de 25 ou de 50 points de base.
Jeudi, la plus grande société cotée en Bourse au monde publie ses résultats trimestriels. Apple parviendra-t-elle à déjouer les pronostics des analystes (avec des prévisions de revenus et de bénéfices en baisse) ? Il pourrait s'agir d'un nouveau signal fort de la puissance et de la résistance des entreprises technologiques américaines.
Sell in May ?
Enfin, j'aimerais conclure avec le dicton boursier suivant : « Sell in May and go away but remember to come back in September » (« Vendez en mai et allez-vous-en mais souvenez-vous de revenir en septembre »). Vous risquez encore de voir apparaître cette citation au courant du mois. Elle indique que les performances des marchés boursiers sont moindres pendant les mois d'été et qu'il est donc préférable de vendre maintenant pour revenir en septembre. Cela ne semble pourtant pas être la meilleure stratégie. Au cours de la dernière décennie, le S&P 500 a enregistré des rendements positifs dans 8 cas sur 10 durant ces mois. N'oubliez pas non plus de prendre en compte le coût que représenterait la vente annuelle de l'ensemble de votre portefeuille pour le racheter plus tard dans l'année. Se concentrer sur le long terme reste une stratégie plus fructueuse !
Chaque jour, nous vous offrons un aperçu des titres les plus négociés chez Bolero sur Euronext. Idéal pour prendre la température du marché boursier et pour découvrir les actions ou les titres que les autres investisseurs s'arrachent !
Dans le top 10 aujourd'hui : Colruyt, KBC, Recticel, Financière de Tubize, Alfen, Umicore, X-Fab, bpost, Mithra, Proximus.
Deux indices publiés hier vont dans le sens d’une hausse de 0,25 % des taux de la part de la BCE demain, mais ce soir, c’est au tour de la FED d’annoncer sa décision.
Deux indices
Plusieurs membres de la BCE l’ont souligné, ils seront attentifs à l’évolution de l’accès au crédit pour les ménages et les entreprises. Or selon l’enquête de la BCE, 38 % des banques de la zone euro ont signalé une baisse de la demande de crédit de la part des entreprises sur la période de janvier à mars, la plus grande proportion depuis la crise financière de 2008.
Résultat, les prêts aux entreprises ont ralenti avec une hausse annuelle de 5,2 % contre 5,7 % en février. Et les demandes de prêts immobiliers se sont effondrées, pas uniquement en Belgique donc, et la croissance des crédits aux ménages est passée de 3,2 % à 2,9 % en taux annuel.
Et la BCE de constater que « la hausse des taux d’intérêt, l’affaiblissement des perspectives du marché immobilier, la faible confiance des consommateurs et la baisse des dépenses en biens de consommation durables ont contribué négativement à la demande de prêts aux ménages ».
Le deuxième élément qui plaide en faveur d’une hausse de 0,25 % est l’évolution de l’inflation. Certes, elle demeure toujours trop élevée, mais l’inflation sous-jacente a reculé, ce qui pourrait indiquer enfin le reflux tant attendu.
Comme anticipé, l’inflation globale a progressé à 7 % contre 6,9 % le mois passé, et l’inflation sous-jacente est passée de 5,7 % à 5,6 %. Reste cependant un point de préoccupation pour plusieurs membres de la BCE ; l’accélération de la hausse des salaires, qui pourrait entrainer une hausse des coûts des services.
Verdict demain quant à la décision de la BCE.
Verdict ce soir
Pour la Fed, mais dans un climat particulièrement tendu, avec le problème du plafond de la dette et de nouvelles tensions sur les banques régionales, le tout sur fond de ralentissement de l’économie.
Voilà le contexte dans lequel va devoir s’exprimer Powell lors de sa conférence de presse en évitant, évidemment, de rajouter de l’huile sur le feu.
Ce contexte plus que compliqué a fait chuter les bourses, fortement aussi le prix du baril (-5 %), et fait reculer les rendements obligataires. Sans oublier une chute assez violente de certaines banques régionales comme la PacWest Bancorp en baisse de 27,8 %, la Western Alliance Bancorp en baisse de 15,1 %, ou la Comerica Inc en baisse de 12,4 %.
Si une hausse de 0,25 % ne fait aucun doute, la question essentielle sera de savoir si Powell donnera des indications sur les intentions futures de la FED.
Marché de l’emploi
Et pour établir ses intentions, il tiendra certainement compte des dernières informations sur le marché de l’emploi, qui montrent que les licenciements ont atteint leur niveau le plus élevé depuis plus de deux ans.
Mais que malgré cela, le marché de l’emploi reste néanmoins tendu, comme le montre le rapport mensuel Job Openings and Labor Turnover Survey (JOLTS), qui indique qu’il y a 1,6 poste vacant pour chaque chômeur en mars. Avec cependant le constat qu’il s’agit du chiffre le plus bas depuis octobre 2021.
Un marché de l’emploi qui commence à marquer le pas est évidemment le signal qu’attend la FED, et même qu’elle a prévu, et les chiffres attendus vendredi devraient aller dans le même sens puisqu’on attend 179 000 créations d’emploi en avril contre 236 000 en mars.
Et tout semble aller dans le même sens, des ouvertures d’emploi en baisse constante, des licenciements en hausse, et moins de personnes qui quittent volontairement leur emploi. Les démissions sont en effet tombées à 3,85 millions, le niveau le plus bas depuis mai 2021, contre 3,98 millions en février.
Mais pas suffisamment pour justifier que la Fed ne baisse rapidement ses taux, car tous les commentaires vont dans le même sens, ils maintiendront les taux à un niveau élevé jusqu’à ce qu’ils soient certains que l’inflation soit enrayée et ils s’en tiendront probablement à cette position même s’ils ouvrent la porte à une pause.
Et rien ne dit non plus que Powell se laissera enfermer dans le scénario d’une pause, il devrait plutôt indiquer que la situation sera réévaluée à chaque réunion en tenant compte des différents indicateurs économiques.
Source : Bernard Keppenne - Chief Economist CBC Banque & Assurance