mar. 14 avr. 2026
Chaque jour, nous vous offrons un aperçu des titres les plus négociés chez Bolero sur Euronext. Idéal pour prendre la température du marché boursier et pour découvrir les actions ou les titres que les autres investisseurs s'arrachent !
Dans le top 10 aujourd'hui : ASML, KBC, LVMH, Lotus Bakeries, X-Fab, Kinepolis, EnergyVision, GBL, Ageas, KBC Ancora.
Publication : le 14 avril 2026 à 9h47
La présente communication n’a pas été établie conformément aux dispositions relatives à la promotion de la recherche indépendante en investissement et n’est pas soumise à l’interdiction de négoce avant la diffusion de la recherche.
Malgré le blocus, le dialogue ne semble pas rompu, ce qui permet aux marchés d’avoir un peu d’espoir et de tabler sur au moins un apaisement, avec comme conséquence une baisse du prix du baril sous les 100 $.
Apaisement
Le mot est sans doute excessif, mais au moins chacun semble temporiser pour éviter l’étincelle qui ferait tout exploser.
Comme le dialogue semblerait se poursuivre en coulisse, la baisse du prix du baril a ravi les marchés boursiers qui sont repartis en hausse, le dollar a très sensiblement reculé par rapport à la majorité des devises (en particulier par rapport au yuan qui affiche son niveau le plus élevé depuis trois ans), et les rendements obligataires ont fait une petite courbe rentrante.

Ralentissement
Après un démarrage en fanfare en début d’année, les exportations chinoises ont nettement ralenti au mois de mars. Elles affichent une hausse de 2,5 % en taux annuel contre un taux de 21,8 % pour les mois de janvier et février.
Quant aux importations, elles ont progressé de 27,8 % en taux annuel en mars contre une progression de 19,8 % pour les mois de janvier et février. Chiffre d’autant plus surprenant que les importations de gaz naturel ont chuté de 10,7 % en taux annuel, soit le niveau le plus bas depuis octobre 2022, tandis que les importations de brut ont baissé de 2,8 %.
Mais ces importations ont augmenté suite à une forte demande de semi-conducteurs, ce qui fait que les importations en provenance de Corée du Sud ont augmenté de 62,4 % en mars.
Mesures de soutien
Alors que la majorité des pays européens ne disposent pas de marge de manœuvre pour compenser la hausse des prix des carburants, le gouvernement allemand a décidé une réduction des prix des carburants pour les consommateurs et les entreprises d’une valeur de 1,6 milliard d’euros.
Cette réduction prendra la forme d’une diminution de la taxe énergétique sur le diesel et l’essence d’environ 0,17 euro par litre pendant deux mois.
L’Allemagne dispose de fait de plus de marge de manœuvre, et surtout, cette hausse du prix du baril risque de venir mettre à mal une reprise de l’économie allemande encore très fragile, ce qui explique la décision du gouvernement.
Et cette aide intervient alors que la Commission a proposé, hier, de modifier les règles de l’UE en matière d’aides d’État afin d’augmenter les dépenses publiques en faveur des secteurs les plus durement touchés par la hausse des prix des carburants, notamment l’agriculture, le transport routier et le transport maritime en Europe.
Les gouvernements pourraient ainsi couvrir une partie de l’augmentation des prix que les entreprises ont payé pour leur carburant ou leurs engrais, par rapport aux prix pratiqués avant le début de la guerre.
Et ce plan prévoit également de porter à plus de 50 % la part maximale de l’aide que les industries à forte consommation d’énergie peuvent recevoir pour les aider à payer leurs factures d’électricité.
Il faut dire que la situation économique se dégrade rapidement en Europe sous les coups de boutoir de la hausse des prix de l’énergie et des perspectives d’une situation qui mettra du temps pour revenir aux niveaux d’avant.
Chute de la confiance
Pour preuve, à l’autre bout du monde, la confiance des entreprises et des consommateurs australiens s’est effondrée en mars.
Une enquête de la National Australia Bank a montré que son indice de confiance des entreprises a chuté de 29 points à -29 en mars, la deuxième plus grande chute mensuelle de l’histoire, avec une ampleur seulement vue en 2008 lors de la crise financière mondiale ou en 2020 avec le début de la pandémie de COVID-19.
Et le constat est le même pour les consommateurs, avec une chute de leur moral de 12,5 % de l’indice pour atteindre 80,1 en avril, soit le niveau le plus bas depuis plus de deux ans.
Cette chute de la confiance de part et d’autre fait craindre que l’économie australienne ne soit, elle aussi, confrontée à une situation de stagflation.
Cette crainte a d’ailleurs été exprimée par le gouverneur adjoint de la Banque centrale, Andrew Hauser, qui a déclaré « je ne pense pas que ces enquêtes soient nécessairement très révélatrices de l’évolution de la consommation. Mais si elles se révèlent exactes, nous devrons faire face à un choc important en termes de revenus… C’est donc le cauchemar de la Banque centrale : le choc stagflationniste – inflation en hausse, activité en baisse ».
A propos d’inflation, nous aurons cet après-midi la publication des chiffres des prix à la production aux États-Unis et la hausse devrait être sévère d’un mois à l’autre. Les prévisions tablent sur une hausse mensuelle de 1,1 % contre 0,7 % pour l’indice global, soit un taux annuel qui passerait de 3,4 % à 4,6 %.
Pour l’indice des prix à la production, hors alimentation et énergie, la progression mensuelle serait de 0,5 % comme le mois précédent, soit un taux annuel qui passerait de 3,9 % à 4,1 %.
Cette hausse des prix à la production, après la hausse de ceux à la consommation, ne fera que renforcer le sentiment que la FED devrait laisser ses taux inchangés. Et même le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, l’a reconnu estimant que si l’économie américaine était « très forte » en janvier et en février, pour la suite la FED « fait ce qu’il faut en s’asseyant et en observant ».

Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances