jeu. 27 août 2026
Publication : le 27 août 2026 à 9h54
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L’inflation est restée bien au-delà de l’objectif de la FED, ce qui met encore un coup de pression supplémentaire sur Warsh et son intervention de demain, maintient la pression sur les taux longs.
Objectif très éloigné
L’inflation ne recule plus, et surtout elle est bien au-dessus de l’objectif de 2 % et cela pour le 65e mois consécutif, et la croissance ne marque pas le pas, bien au contraire, ce qui ne devrait pas faire reculer l’inflation.
Comme le soulignait Olu Sonola, responsable de l’économie américaine chez Fitch Ratings, « alors que Jackson Hole l’appelle, le défi de la FED est clair : elle a encore beaucoup de terrain à parcourir avant que les marchés ne considèrent une inflation de 2 % comme un résultat crédible plutôt qu’une aspiration lointaine ».
L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle est resté à 3,7 % en taux annuel en juillet, alors que le marché tablait sur un recul à 3,6 %.
En excluant les prix de l’énergie et des aliments, le PCE de base est aussi resté stable à 3,3 % sur un an.
Ces chiffres viennent renforcer le sentiment, pour certains membres de la FED, qu’une hausse des taux doit intervenir rapidement.
Et pas que pour les membres de la FED, les prix des contrats à terme sur les fonds fédéraux reflètent désormais une probabilité d’environ 44 % d’une hausse des taux de la FED en septembre, contre environ 36 % juste avant les chiffres.
D’autant plus que, même si le chiffre de croissance pour le deuxième trimestre est resté inchangé à 1,5 %, les dépenses des consommateurs ont été révisées à la hausse à 3,4 % contre 3,2 %.
Comme le montre le graphique, l’investissement des entreprises est resté solide, porté par la croissance continue des dépenses en IA. Et les bénéfices des entreprises ont bondi de 400,9 milliards de dollars après avoir grimpé de 74,4 milliards au premier trimestre.

L’économie américaine est solide et la croissance devrait même s’accélérer sur la deuxième partie de l’année, compte tenu de ces derniers chiffres et des indicateurs de confiance. Dès lors une hausse des taux ne briderait en rien l’économie, et Warsh est vraiment attendu au tournant.
Le marché obligataire n’a que faiblement réagi dans l’attente de son discours, mais n’a sans doute pas dit son dernier mot. Et suite à l’intervention de Bessent, Warsh a tout intérêt à s’affirmer s’il veut maintenir la crédibilité de la FED.
A propos de l’interventionnisme de Bessent sur la courbe, la tribune de Stanley Druckenmiller, dans le Wall Street Journal le 24 août, est intéressante.
D’abord, parce que Stanley Druckenmiller n’est pas n’importe qui. Il est en effet un ancien associé de George Soros et figure légendaire de la gestion macroéconomique, et est considéré comme l’un des investisseurs les plus influents de Wall Street. Connu pour son analyse des cycles économiques et des marchés obligataires, son opinion est particulièrement suivie lorsqu’il s’agit de dette publique, de politique monétaire ou de valorisation des actifs financiers.
Ensuite, parce qu’il a vivement critiqué la décision du Trésor américain d’accroître ses rachats d’obligations à long terme afin de contenir la hausse des rendements.
Selon lui, il ne s’agit pas d’une simple opération de gestion de liquidité mais bien d’une tentative d’influencer artificiellement les taux d’intérêt. Il estime que le marché obligataire joue aujourd’hui un rôle essentiel de discipline budgétaire face à une dette publique américaine qui dépasse désormais les 40.000 milliards de dollars.
À ses yeux, vouloir faire baisser les taux sans s’attaquer aux déficits revient à masquer le véritable problème. Et dans sa tribune il n’hésite pas écrire que « les gouvernements qui tentent de défendre les prix contre les fondamentaux finissent toujours par perdre ».
Il rappelle également que « le rendement des obligations du Trésor américain à long terme est le prix le plus important du monde », et sans doute le dernier véritable garde-fou face aux dérives budgétaires.
Il met enfin en garde contre le risque de voir la crédibilité du Trésor américain s’éroder si les marchés perçoivent ces interventions comme motivées par des considérations politiques.
Sa conclusion est sans équivoque : les États-Unis ne retrouveront durablement des taux plus faibles qu’au prix d’un assainissement budgétaire crédible, et non grâce à des artifices de marché.
Indice IFO suite
J’évoquais hier les indicateurs encourageants en Allemagne, en parlant entre autres de la hausse de l’indice IFO.
Toujours selon l’institut IFO, le sentiment dans l’industrie allemande à l’exportation s’est considérablement amélioré, atteignant son niveau le plus élevé depuis février 2022.
« L’industrie exportatrice prend de l’ampleur », a déclaré Klaus Wohlrabe de l’IFO. « Les exportations, en particulier vers l’Union européenne, sont en plein essor, tandis que celles vers la Chine restent faibles. »
Les fabricants d’équipements électriques restent très optimistes, tout comme les fabricants d’équipements de traitement de données et de produits électroniques et optiques.
Même l’industrie automobile et les fabricants de produits métalliques sont également beaucoup plus optimistes quant à leurs perspectives d’exportation. En revanche, l’industrie papetière et les entreprises de la production et de la transformation des métaux s’attendent à une baisse des exportations.

Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances