lun. 17 août 2026

14:51

« Le faible niveau du Rhin aggrave les difficultés de l’industrie allemande »

Les niveaux d’eau du Rhin ont atteint des minima historiques pour cette période de l’année (voir figure 1). Quelles en sont les conséquences pour le secteur industriel allemand, déjà en difficulté ?

Bien que seulement environ 5 % du transport de marchandises en Allemagne soit assuré par les voies navigables intérieures, plus de 80 % de ce volume transite par le Rhin. Le fleuve constitue donc une voie d’approvisionnement essentielle pour l’industrie allemande et fait partie intégrante de nombreuses chaînes de production. Les contraintes de capacité des réseaux routiers et ferroviaires font que toute perturbation de la navigation sur le Rhin ne peuvent pas être entièrement compensées par d’autres modes de transport.

Des frictions sur les voies navigables intérieures aux pertes de production industrielle

Afin de quantifier l’effet des faibles niveaux d’eau, nous estimons leur impact à travers les fluctuations du transport de marchandises par voies navigables intérieures. En utilisant les contraintes d’identification de Kilian, Nomikos et Zhou (2021)¹, nous décomposons les mouvements du transport par voies navigables intérieures en trois composantes : les variations induites par la demande intérieure, celles induites par la demande étrangère, et les chocs résiduels liés aux frictions du transport fluvial.

Cela nous permet de distinguer, par exemple, lors de la sécheresse de 2018, entre la baisse des volumes de fret due à l’affaiblissement de la demande de biens allemands et celle due à des niveaux d’eau exceptionnellement bas qui ont perturbé le transport (voir figure 2a). Les chocs liés au transport les plus marqués sont observés lors de la sécheresse de 2018, mais des perturbations similaires peuvent également être détectées, bien que dans une moindre mesure, lors d’autres épisodes de bas-fonds en 2009, 2011, 2015, 2017 et 2022.

Nos estimations suggèrent qu’au pic de la sécheresse de 2018, les frictions dans les voies navigables intérieures ont réduit la croissance annuelle de la production industrielle allemande de plus de 2 %. L’impact s’est accumulé sur plusieurs mois, dont deux mois de niveaux d’eau très bas (figure 2b).

Comme aucune donnée sur le transport fluvial intérieur n’est encore disponible pour cet été, nous nous appuyons sur les niveaux d’eau observés pour estimer l’impact actuel et le comparer aux épisodes de sécheresse précédents.

Des niveaux d’eau à la capacité de transport : un indicateur de sécheresse affiné

Plus précisément, nous utilisons une approche inspirée par Ademmer (2020)2. Dans ce cadre, une variable est construite en additionnant, pour chaque mois, le nombre de jours durant lesquels le niveau de l’eau à Kaub descend en dessous de 78 cm. À ce seuil ou en dessous, le passage sûr des navires ne peut plus être garanti. Cela permet de mesurer les effets économiques des niveaux d’eau exceptionnellement bas.

Nous adaptons légèrement cette méthodologie. Bien que le transport reste possible à un niveau d’eau de 78 cm, les navires doivent opérer avec des charges réduites. En dessous de 40 cm, cependant, le transport par voie navigable intérieure devient pratiquement non rentable et, dans certains cas, irréalisable. Pour saisir cette nuance, nous construisons une variable de sécheresse qui reflète la capacité réelle de transport du Rhin à différents niveaux d’eau.

La figure 3 illustre l’importance de cet ajustement. La crise liée au niveau bas des eaux de 2018 apparaît comme nettement plus grave que les autres épisodes de sécheresse. Alors que les niveaux d’eau étaient parfois tombés en dessous de 78 cm en 2015, la navigation pouvait tout de même se poursuivre, bien qu’avec des charges réduites. En revanche, en 2018 il y a eu des semaines où le transport était soit non rentable, soit impossible. Cette distinction est cruciale, car les niveaux d’eau actuels oscillent autour de 20 cm et devraient se maintenir à peu près à ce niveau au cours des prochains jours, voire des prochaines semaines.

En utilisant cet indicateur de sécheresse ajusté comme variable exogène, nous quantifions l’impact attendu de l’épisode actuel de bas-débit sur l’industrie allemande, en intégrant les prévisions pour les 14 prochains jours, et nous le comparons à la sécheresse du Rhin de 2018. Alors que l’épisode de 2018 avait entraîné une baisse temporaire de la production industrielle d’environ 2,5 % et une hausse des prix à la production d’environ 2 % à son apogée, les dernières prévisions³ laissent déjà entrevoir une baisse d’au moins 1,5 % de la production industrielle et une hausse de 1,2 % des prix à la production, ce qui suggère que l’impact économique devient de plus en plus important.

Au-delà de notre horizon de prévision de 14 jours, les perspectives deviennent nettement plus incertaines, car les niveaux d’eau du Rhin dépendent fortement des précipitations et des conditions météorologiques. Une période prolongée de précipitations pourrait entraîner une amélioration relativement rapide de la navigabilité. Cependant, les niveaux d’eau continuent généralement de baisser de manière saisonnière jusqu’à l’automne, période où les niveaux annuels les plus bas sont habituellement atteints. En conséquence, bien que les perspectives à moyen terme restent difficiles à prévoir, les risques pesant sur la production industrielle allemande en raison des perturbations de la navigation sur le Rhin devraient rester élevés au cours des prochains mois.

1Kilian, Lutz, Nikos K. Nomikos, and Xiaoqing Zhou. “Container trade and the US recovery.” Center for Financial Studies Working Paper 659 (2021).

2Ademmer, Martin, Nils Jannsen, and Saskia Mösle. Extreme weather events and economic activity: The case of low water levels on the Rhine river. No. 2155. Kiel Working Paper, 2020.

3https://vorhersage.bafg.de/14-Tage-Vorhersage/Kaub_14Tage.pdf

Source : Wouter Beeckman, Senior Economist - CSOB Czech Republic

11:39

Actualités des entreprises du Benelux

  • argenx obtient des résultats positifs en phase 3 à l’IMNM et prépare un dossier d’enregistrement.
11:36

Actualités des entreprises européennes

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  • Sandoz obtient les droits mondiaux sur trois biosimilaires. 
  • Stellantis envisage la vente d’une usine canadienne à Brampton.
11:34

Actualités des entreprises américaines

  • Alphabet explore une émission d’obligations en dollars australiens. 
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  • Berkshire Hathaway augmente considérablement sa participation dans Alphabet. 
  • Nvidia négocie un investissement d’un milliard de dollars dans SB Energy. 
  • Workday suscite l’intérêt d’acquisition de Silver Lake.
11:32

Actualités des entreprises asiatiques

  • Alibaba vend le développeur de jeux Lingxi Games.
11:15

Nouvelles recommandations pour les actions

Publication : le 17 août 2026 à 11h15

La présente communication n’a pas été établie conformément aux dispositions relatives à la promotion de la recherche indépendante en investissement et n’est pas soumise à l’interdiction de négoce avant la diffusion de la recherche.

11:13

Le blog de Bernard Keppenne : « Le coût exorbitant de notre incurie »

Je ne pensais pas que d’entendre tomber la pluie allait un jour me réjouir à ce point, et m’apporter une forme de soulagement, même si ces premières gouttes sont encore dérisoires.

La pluie

Car entendre tomber la pluie me fait directement penser à tous ceux qui luttent contre les incendies, à cet instant, dans le monde, en sachant que tous ne bénéficieront pas de cette pluie bienvenue.

Car entendre tomber la pluie me fait penser à cette faune et à cette flore qui ont énormément souffert, et qui dans certains cas ne se relèveront pas de cet été meurtrier.

Car entendre tomber la pluie me fait penser à ceux qui vivent directement de la terre et qui ont vu leurs récoltes brûler, ne pas se développer, ou leurs bêtes souffrir.

Car entendre tomber la pluie me fait penser à ces rivières et fleuves complètement asséchés où les poissons ont disparu, et qui sont devenus impraticables à la navigation.

Et dans le même temps, je sais que l’été prochain cela recommencera, car nous n’avons pas pris les mesures pour éviter le changement climatique, et que dès lors la facture de notre immobilisme ne fera qu’augmenter.

Le coût

Le débat vient de commencer sur le coût du dérèglement climatique, et inéluctablement il ne va faire qu’augmenter.

Augmentation des prix des produits alimentaires, avec une perte de certaines récoltes, ou une diminution des volumes.

Augmentation des coûts des transports, parce que le niveau du Rhin, par exemple, est tellement bas qu’une partie du trafic maritime est impossible.

Augmentation des coûts de l’énergie, car ce niveau trop bas des fleuves entraîne l’arrêt de certains réacteurs nucléaires.

Augmentation des primes d’assurance pour les zones qui deviendront des zones à risque d’incendies, d’inondations, d’éboulement, de submersion, …

Augmentation des décès à cause de la chaleur, des fumées toxiques, et des soins pour prendre en charge une population fragilisée.

Mais il y a des solutions

Même si cela n’inversera pas le cours des choses à court terme, il existe des solutions qu’il faudra avoir le courage de prendre.

Fermer tous les massifs forestiers et les zones naturelles à préserver durant l’été, dès la première canicule.

Investir dans les logements pour les adapter à ce nouveau climat, et verdir massivement les villes, en stoppant la bétonisation.

Interdire toutes les constructions en zones inondables, et proches de la mer.

Planter des arbres en ville, mais pas uniquement, reboiser les campagnes, replanter des espèces qui peuvent s’adapter à ces fortes chaleurs dans nos forêts, et multiplier les zones de biodiversité.

Accepter de voir nos étals proposer moins de diversité de produits et consommer local et de saison, et revenir à nos besoins essentiels.

Mais il est évident que si seule l’Europe prend des mesures cela ne suffira pas, mais ce n’est pas une raison pour ne pas agir même si cela ne nous épargnera pas de nouvelles périodes difficiles.

Voilà ce que m’inspire ce matin cette pluie qui tombe.

Alors que j’aurai dû vous parler de la hausse des rendements obligataires, de la fermeture encore et toujours du détroit d’Ormuz, de la guerre en Ukraine, et de la guerre commerciale.

Mais aussi de la révision à la baisse des chiffres du PIB au Japon au deuxième trimestre, des chiffres attendus en Chine ce matin sur la production industrielle, les ventes de détail et l’état du marché immobilier.

J’aurai dû aussi vous parler de la baisse surprise des ventes de détail aux Etats-Unis vendredi. 

Car elles ont chuté de 0,6 % le mois dernier, soit la première baisse depuis octobre dernier et la plus importante depuis 14 mois.

Les ventes au détail, hors automobiles, essence, matériaux de construction et services alimentaires, ont chuté de 0,4 % le mois dernier après une hausse de 0,4 % en juin.

Et vendredi aussi, en plus, le moral des consommateurs a reculé selon l’indice de l’université du Michigan qui est tombé à 51 contre 55,2 en juillet. 

J’aurai dû aussi vous parler des explosions qui se multiplient en Europe dans les usines d’armement, dans les entrepôts pétroliers, des drones qui « se perdent » dans le ciel européen et survolent des zones militaires, et des cyberattaques massives.

Mais malgré ces quelques gouttes de pluie je ne peux m’empêcher de penser à la citation de Cioran, « en permettant l’homme, la nature a commis beaucoup plus qu’une erreur de calcul : un attentat contre elle-même ».

Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances