lun. 4 déc. 2023

13:00

La chronique de Michel Ernst : « Le changement climatique, une menace énorme pour le secteur du café ! »

Le café, un des produits les plus traités au monde…

Le café est le produit agricole le plus traité au monde, devant le blé, le coton, le maïs et le sucre. Et il arrive en 2ème position mondiale des transactions en matières premières, toutes confondues, derrière le pétrole, mais devant (outre les autres matières premières agricoles que nous venons de citer) l’or, l’argent ou le cuivre… C’est aussi la 3ème boisson la plus consommée au monde, après l’eau et le thé.

Deux variétés de café sont les plus répandues dans  le monde, le café Arabica, au goût doux et délicat, et le café Robusta, au goût fort et corsé, avec un pourcentage de caféine supérieur à son « concurrent ». Il existe de très nombreux mélanges des 2 variétés, l’Arabica donnant la saveur et le Robusta plutôt le crops. À noter que l’Arabica représente la majeure partie de la production mondiale de café, soit 57,5 % en 2022.

…et le café représente un business important et en croissance

Selon Mordor Intelligence, la taille du marché du café est estimée à 126 milliards USD en 2023 et devrait atteindre près de 160 milliards USD d’ici 2028, avec une croissance de 4,72 % au cours de la période de prévision (2023-2028). De grandes sociétés internationales notamment sont actives dans ce secteur et sont souvent cotées en bourse dans les secteurs de la consommation de base, voire parfois cyclique. Comme on le voit sur le graphique ci-dessous, la tendance du marché est haussière depuis plus de 30 ans. On remarquera par ailleurs que ces 2 dernières années, le marché est clairement en déficit, la production étant inférieure à la consommation. Ainsi en 2022, la production mondiale a atteint plus de 171 millions de sacs de café (de 60 kg, la référence du secteur) alors que la consommation approchait les 179 millions de sacs.

Qui sont les principaux exportateurs et importeurs de café ?

La majeure partie des pays producteurs de café se situent dans la « Coffee Belt » (ceinture de café) soit une bande autour de l'équateur, entre le tropique du Cancer et le tropique du Capricorne. Des températures stables, des précipitations modérées et un sol riche constituent les conditions parfaites pour les caféiers. Dans la Coffee Belt, l’Arabica est surtout produit aux Amériques et en Afrique de l’Est, alors que le Robusta provient surtout d’Afrique de l’Ouest et d’Asie. Mais certains pays d’Amérique du Sud, d’Afrique centrale et d’Asie produisent les 2 types de café.

84 % des exportations mondiales de café proviennent de seulement 10 pays. Géographiquement, l’année passée 48 % de la production mondiale de café provenait d’Amérique du Sud (comme le Brésil, la Colombie et le Pérou), le Brésil étant de loin le 1er producteur mondial (près de 36 % du total mondial des grains de café exportés). Le Vietnam (19 % de la production mondiale) et la Colombie (7 %) complètent le podium des principaux producteurs mondiaux de café. Ensuite on trouve, dans l’ordre, des pays comme le Honduras, l’Indonésie, l’Ouganda, l’Ethiopie, l’Inde et le Guatémala.

Au niveau de la consommation, les principaux importateurs sont l’Europe, qui consomme environ 1/3 du café produit dans le monde et les USA, ceux-ci important près de 18 % des grains de café. Pays par pays, le classement mondial des principaux importateurs de café est le suivant: USA, Allemagne, Italie, Japon… et Belgique en 5ème position (comptant pour 4% du total mondial), devant l’Espagne, la France, le Canada, le Royaume-Uni et la Russie.

Le changement climatique et la durabilité, de plus en plus importants pour le secteur du café…

Le secteur est sensible à des facteurs tels que les coûts de distribution (le prix du pétrole a donc un impact direct sur le cours du café), l’évolution du dollar US (le café est coté en USD), l’évolution de l’économie (le ralentissement économique et l’inflation actuelle freinant quelque peu la consommation par exemple), la géopolitique (un contexte fragile dans certains pays peut ainsi perturber la chaine d’approvisionnement) ou encore l’évolution des stocks.

Mais évidemment, les spécialistes observent surtout l’évolution de l’offre et de la demande. On a vu que, les 2 dernières années, la demande était clairement supérieure à l’offre. Mais on constate aussi que la demande est de plus en plus orientée vers la durabilité: les types de café qui adhèrent à diverses combinaisons de normes sociales, environnementales et économiques et sont certifiés de manière indépendante par un tiers accrédité ont été collectivement appelés « café durable ».

Autre constatation, interpellante, le changement climatique et les conditions météorologiques impactent l’offre et la qualité du café. Un rapport du CIRAD « La filière café face au changement climatique », a récemment traité du problème. La vulnérabilité de la filière face au changement climatique inquiète. Les aires favorables à la culture du café pourraient ainsi se réduire de 50% d’ici 2050 selon des simulations climatiques! Les caféiers ne se développent que dans des zones climatiques particulières: températures entre 18 et 23°C à des altitudes entre 1 000 et 2 000m pour l’Arabica; températures entre 22 et 30°C à des altitudes inférieures à 800m pour le Robusta, malgré une température optimale récemment revue à la baisse autour de 20,5°C. Le changement climatique fait donc peser cinq risques principaux sur les cultures :

  • le déplacement des aires favorables à des altitudes plus importantes,
  • l’augmentation du stress hydrique (autrement dit la pénurie ou la rareté de l’eau),
  • des températures trop élevées pour permettre la floraison et la croissance des fruits,
  • la propagation des ravageurs et des maladies,
  • et l’accroissement de la vulnérabilité des petits producteurs et productrices.

Signe que l’urgence climatique se précise, il y a encore quelques années, ces projections étaient pourtant annoncées pour 2100…

Et si rien ne change, outre la filière café qui sera dramatiquement impactée, le prix du café – dont on voit ci-dessous l’évolution ces dernières décennies – pourrait bien progressivement tellement grimper que déguster une tasse de ce breuvage populaire deviendra vite un luxe…

Source : Michel Ernst, Stratégiste Actions Senior - CBC Banque Privée

12:50

Les titres les plus négociés sur Bolero

Chaque jour, nous vous offrons un aperçu des titres les plus négociés chez Bolero sur Euronext. Idéal pour prendre la température du marché boursier et pour découvrir les actions ou les titres que les autres investisseurs s'arrachent !

Dans le top 10 aujourd'hui : AB Inbev, ECB, Proximus, KBC, Aedifica, Financière de Tubize, Umicore, Mithra, LVMH, Solvay.

9:31

Actualités des entreprises du Benelux

  • Le groupe Elia acquiert une participation de 35,1 % dans la société d'énergie américaine Giga.
  • Padagis, un partenaire d'Hyloris, reçoit l'approbation de la FDA pour la commercialisation du PodofiloxGel.
  • Mithra et GedeonRichter vont vendre Estelle et Donesta en Chine.
  • UCB obtient le feu vert européen pour la commercialisation de Zilbrysq.
9:30

Actualités des entreprises européennes

  • RWE et Masdar développent conjointement un projet de parc éolien offshore géant au Royaume-Uni.
  • Roche entre sur le marché des médicaments contre l'obésité avec l'acquisition de Carmot pour 2,7 milliards de dollars.
  • Investor AB nomme Christian Cederholm au poste de directeur général.
  • Critiques à l'encontre de Ryanair concernant la surtaxe sur la carte d'embarquement numérique.
9:27

Actualités des entreprises américaines

  • Bank of Montreal a vu ses bénéfices diminuer au quatrième trimestre.
  • Berkshire Hathaway attend une décision de justice.
  • Les spécialistes de l'obésité s'attendent à ce que le Zepbound (Eli Lilly) présente des avantages cardiaques identiques ou similaires.
  • Pfizer ne fera pas passer son médicament pour la perte de poids au stade des essais cliniques avancés.
  • VF Corp a licencié 500 personnes.
  • Jeudi, un employé de Wells Fargo a intenté une action en justice contre la banque.
9:25

Actualités des entreprises asiatiques

  • TikTok a fait une demande à la Cour de justice de l'UE.
  • Les créanciers de China Evergrande cherchent à obtenir des participations de contrôle dans une nouvelle proposition.
  • Toyota arrête partiellement la production à l'usine chinoise de Tianjin.
9:00

Nouvelles recommandations pour les actions

Publication : le 4 décembre 2023 à 9h00

La présente communication n’a pas été établie conformément aux dispositions relatives à la promotion de la recherche indépendante en investissement et n’est pas soumise à l’interdiction de négoce avant la diffusion de la recherche.

8:48

Le blog de Bernard Keppenne : « L’atterrissage en douceur se met en place »

Powell a confirmé que le chemin parcouru de la hausse des taux se terminait, car l’économie ralenti bien comme la FED l’escomptait pour ramener l’inflation vers l’objectif.

Message de Powell

Il s’est montré prudent mais relativement optimiste sur la situation actuelle en déclarant, « nous obtenons ce que nous voulions de l’économie ».

Et de souligner « après avoir parcouru tant de chemin si rapidement, le Comité avance prudemment, car les risques d’un resserrement excessif ou insuffisant sont de plus en plus équilibrés ».

Le terme prudence montre que la FED estime qu’il est encore trop tôt pour crier tout à fait victoire, et Powell n’a pas hésité à rappeler que « nous sommes prêts à resserrer davantage notre politique si cela s’avère approprié ».

Mais malgré cela, ces propos ont clairement renforcé le sentiment que la FED en avait fini avec les hausses de taux, ce qui a accentué le recul du rendement du Treasury 2 ans, et soutenu la bourse américaine.

Powell en a profité pour confirmer sa vision d’un atterrissage en douceur, estimant que « mes collègues et moi-même prévoyons que la croissance des dépenses et de la production ralentira au cours de l’année prochaine, à mesure que les effets de la pandémie et de la réouverture s’estomperont et que la politique monétaire restrictive pèsera sur la demande globale ».

Et de conclure, « la croissance des salaires reste élevée, mais s’oriente progressivement vers des niveaux qui seraient plus compatibles avec une inflation des prix de 2 % au fil du temps, et les salaires réels augmentent à nouveau à mesure que l’inflation diminue ».

Preuve de cet atterrissage en douceur, l’indice ISM manufacturier est resté en territoire négatif à 46,7, stable par rapport au mois précédent.

Il est toujours intéressant de se pencher sur les sous-indices pour aller au-delà de l’indice global. Le sous-indice des nouvelles commandes a fortement progressé en passant de 45,5 à 48,3, mais reste en territoire négatif.

Concernant les prix, il montre que ces derniers n’ont plus baissé, puisque l’indice est passé de 45,1 à 49,9.

Et dernier point important, le sous-indice de l’emploi montre un recul de l’emploi avec un indice qui est passé de 46,8 à 45,8. Il faudra cependant attendre vendredi pour avoir une vue complète de l’état du marché de l’emploi avec la publication du chiffre des créations d’emploi attendu à 170 000 contre 150 000 en octobre.

Baril sous pression

Le prix du baril reste sous pression à la baisse après la décision de l’OPEP+ d’une réduction moindre que prévue de la production, dans un contexte marqué par une baisse attendue de la demande compte tenu du ralentissement de l’économie mondiale.

Ce qui empêche finalement une baisse plus importante est la reprise des combats à Gaza et aussi le fait que trois navires commerciaux ont été attaqués dans les eaux internationales du sud de la mer Rouge, dimanche. Attaques revendiquées par le  groupe Houthi du Yémen avec des  drones et des missiles contre deux navires israéliens.

Mais comme l’accord de l’OPEP+ n’est pas contraignant, les opérateurs sont sceptiques sur sa mise en place effective et sur les réductions réelles de production.

Et comme en plus, les plateformes pétrolières américaines ont augmenté à leur plus haut niveau depuis septembre, le déséquilibre entre l’offre et la demande devrait encore s’accentuer.

Perspectives engageantes

Les anticipations de baisse de taux de la part de la FED sont une bonne nouvelle pour les pays émergents qui vont pouvoir assouplir leur taux sans provoquer de pression à la baisse sur leurs devises.

Ce qui permettrait ainsi, entre autres, à la Chine de pouvoir assouplir encore sa politique monétaire sans affaiblir sa devise. Et c’est d’ailleurs en substance le message distillé par Sheng Songcheng, ancien directeur des statistiques et de l’analyse de la Banque populaire de Chine, qui a déclaré « l’année prochaine, la Chine devrait continuer à mettre en œuvre une politique fiscale positive, des politiques monétaires conformes à une politique fiscale positive, avec une marge de manœuvre relativement importante pour abaisser le ratio de réserves obligatoires ».

Comme les taux d’intérêt sont bas, il estime qu’il y a plus de place pour réduire le ratio de réserves obligatoires des banques que pour réduire les taux d’intérêt.

Cette réduction pourrait même intervenir avant la fin de l’année, compte tenu des problèmes dans le secteur immobilier qui perdurent et pour éviter un effet de domino à d’autres secteurs. Et la reprise du yuan par rapport au dollar permet aussi d’envisager plus sereinement des ajustements monétaires.

Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances