lun. 27 nov. 2023
2023, nouvelle année record pour les dividendes mondiaux...
Dans une chronique récente, nous avons démontré que, selon une étude américaine publiée le 30 août dernier, la stratégie de loin la plus populaire auprès des investisseurs particuliers est l’investissement en dividendes. 50 % des personnes interrogées ont choisi cette stratégie d’investissement en priorité devant l’intelligence artificielle (36 %), l’indexation boursière (36%), les énergies renouvelables (33%) ou encore les « big tech » (31 %) !
Pour aller plus loin dans cette thématique privilégiée par les investisseurs, nous avons consulté le 40ème rapport de Janus Henderson, publié ce mois de novembre 2023, qui est une étude à long terme visant à dégager les tendances en matière de dividendes au niveau mondial. Celle-ci mesure l’évolution des dividendes versés par 1 200 multinationales, les plus importantes au monde en terme de capitalisation boursière, à leurs investisseurs depuis 2009. À noter que hors ces 1 200 sociétés, les autres sociétés cotées dans le monde ne comptent que pour une dizaine de pourcents des dividendes mondiaux…
Et selon les prévisions de Janus Henderson, 2023 sera une nouvelle année record en terme de dividendes mondiaux versés aux actionnaires, soit 1 630 milliards USD, une hausse de 4,4 % par rapport à 2022. Constat intéressant, 89 % des entreprises ont augmenté ou maintenu leurs dividendes. Aux États-Unis, ce pourcentage atteint même 98 % !
…pourtant les dividendes mondiaux ont très légèrement baissé au 3ème trimestre 2023
Les dividendes mondiaux affichent en effet une légère baisse de 0,9 % sur cette période, pour atteindre 421,9 milliards USD contre 425,8 milliards USD lors du 3ème trimestre 2022. Mais ce léger recul masque 2 réalités très différentes (voir tableau ci-dessous) :
Géographiquement, l’Europe (hors Royaume-Uni) continue d’afficher une croissance très forte des dividendes (+34 % au 3ème trimestre 2023 en glissement annuel) pour atteindre près de 25 milliards USD. Si les USA distribuent beaucoup plus de dividendes (162 milliards au T3 2023), les versements n’ont par contre quasi pas évolué par rapport à la même période 2022 (+0,3 %). En Asie-Pacifique (hors Japon) et au Royaume-Uni, les versements de dividendes ont par contre reculé de respectivement 10 et 5 %.
Qu’attendre en 2024 après les dividendes records en 2023 ?
Selon les économistes de KBC, « les indicateurs de confiance aux États-Unis et dans la zone euro laissent entrevoir de faibles perspectives de croissance, en particulier en Europe ». On constate aussi que certaines régions du monde sont ou pourraient entrer en récession. Les flux de trésorerie des entreprises seront donc mis sous pression avec la baisse de la demande et l’augmentation du coût de la dette (à cause de la hausse des taux), ce qui pourrait limiter les possibilités de croissance des dividendes.
Sans avoir une boule de cristal, les secteurs les plus impactés seraient probablement les plus cycliques comme ceux des matériaux de base, la consommation cyclique, les sociétés industrielles et celles appartenant au secteur de l’énergie.
Toutefois, de manière globale, les flux de dividendes devraient rester importants en 2024, nombre de sociétés ayant une structure bilantaire solide et pouvant donc se permettre, s’il le fallait, de puiser dans leurs réserves pour, au moins, maintenir leur dividende, dans l’attente d’une amélioration du contexte économique.
Source : Michel Ernst, Stratégiste Actions Senior - CBC Banque Privée
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Publication : le 27 novembre 2023 à 09h00
La présente communication n’a pas été établie conformément aux dispositions relatives à la promotion de la recherche indépendante en investissement et n’est pas soumise à l’interdiction de négoce avant la diffusion de la recherche.
Les indices PMI avaient donné le ton, l’activité industrielle en Chine est restée bien en-deçà des attentes et les mesures de soutien n’ont pas suffi jusqu’à présent.
Résultats des entreprises
C’est ce qui ressort de la publication des bénéfices des entreprises industrielles, bénéfices qui affichent une hausse sur un an de 2,7 % contre un taux de 11,9 % en septembre.
Pour les 10 premiers mois de 2023, les bénéfices ont baissé de 7,8 % par rapport à l’année précédente, après une baisse de 9 % au cours des neuf premiers mois.
Les causes sont connues, comme les difficultés du marché immobilier, les risques liés à la dette des gouvernements locaux, le ralentissement de la croissance mondiale et les tensions géopolitiques, et les mesures de soutien n’ont eu qu’un effet très limité.
Ce chiffre a pesé sur la bourse chinoise ce matin, et stoppé net le raffermissement du yuan, car il démontre la fragilité des entreprises face à un environnement incertain.
Petite remontée de la confiance
La semaine passée, les deux indicateurs de confiance de la BNB ont connu une petite hausse, aussi bien celui des consommateurs que des entreprises.
Commençons par l’indice de confiance des consommateurs, qui affiche une légère hausse, les consommateurs se montrant plus optimistes à l’égard des perspectives économiques. Mais par contre, ils ont revu à la baisse leurs intentions d’épargne.
Concernant les entreprises, la hausse de l’indice est cosmétique, avec certes une très nette amélioration dans le secteur des services aux entreprises, mais par contre un recul dans l’industrie.
C’est clairement le secteur des services qui s’en tire mieux avec une hausse de toutes les composantes sous-jacentes, et le secteur du commerce montre aussi des signes d’amélioration.
Cette légère amélioration de la confiance des entreprises se reflète également dans l’indice IFO en Allemagne, qui affiche son troisième mois consécutif de hausse en novembre.
Mais cela c’était avant la décision de la Cour constitutionnelle qui a bloqué des investissements pour 60 milliards d’euros, avec un risque de blocage total des investissements qui pourrait entraîner une baisse de 0,50 % de la croissance en 2024.
Dire que le débat fait rage en Allemagne depuis cette annonce est un euphémisme.
Mais il sera compliqué de réformer rapidement une règle inscrite dans la constitution et qui limite le déficit budgétaire structurel à 0,35 % du PIB, car pour réformer cette dernière, cela nécessite une majorité des deux tiers au parlement.
Pour la CDU, dans l’opposition, il faudrait s’en tenir à la situation actuelle, ainsi que pour les Libéraux démocrates qui sont dans le gouvernement.
Mais pour les Verts, il y a urgence à réformer, car comme le déclarait le ministre de l’économie Robert Habeck, du parti des Verts, « avec le frein à l’endettement tel qu’il est, nous nous sommes volontairement attachés les mains dans le dos et nous nous lançons dans un combat de boxe ».
Inflation et réunion de l’OPEP+
Des chiffres d’inflation seront publiés cette semaine, en zone euro et aux États-Unis jeudi, et focaliseront les attentions vu l’extrême sensibilité à cette donnée cruciale.
Le prix du baril, encore en baisse ce matin, sera aussi au centre de toutes les attentions avec la réunion de l’OPEP+ qui devrait se tenir jeudi.
Ce recul du prix du baril est en partie lié au cessez-le-feu en vigueur dans le conflit israélo-palestinien, qui a permis la libération d’otages israéliens, mais également aux dissensions au sein de l’OPEP+.
Il semblerait cependant que les discussions auraient avancé, et que l’Arabie Saoudite et la Russie maintiendraient leur réduction durant les prochains mois, permettant aux pays africains de pouvoir légèrement augmenter leur production. Ce qui dans les faits devrait quand même conduire à une offre supérieure à la demande, ce qui explique le recul du prix du baril.
Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances