mar. 10 oct. 2023
Dans ce blog, le jeune investisseur Cédric Proost revient d'abord sur le mois de septembre en bourse avant de se tourner vers l'avenir.
Beaucoup de nouvelles belges dans cet article !
Il y a deux semaines, notre BEL 20 est passé sous la barre des 3 500 points. Ce faisant, notre indice national a atteint son plus bas niveau de l'année. Le mois dernier, le taux d'intérêt belge à dix ans a continué à augmenter pour atteindre 3,63 %, soit son niveau le plus élevé depuis 2012.
Cette hausse des taux d'intérêt est pernicieuse pour les marchés boursiers en général, mais plus particulièrement pour les sociétés immobilières, car elle pèse lourdement sur les valorisations. Les sociétés immobilières belges cotées en bourse ont enregistré des résultats encore plus mauvais que ceux de l'indice ; Care Property Invest, WDP, Aedifica et Cofinimmo atteignant chacune leur cours le plus bas de l'année.
Les actions immobilières ont été durement touchées par la hausse des taux d'intérêt en 2022. Les actions immobilières enregistrent généralement de moins bonnes performances lorsque les taux d'intérêt augmentent, et ce pour plusieurs raisons :
En résumé, la hausse des taux d'intérêt tend à réduire l'attrait des valeurs immobilières, ce qui peut affecter leur performance sur le marché. La baisse des taux d'intérêt sera un élément crucial pour prédire le point d'inflexion des actions immobilières.
La situation pourrait d'ailleurs être pire en termes de taux d'intérêt élevés (voir ci-dessous).
Le marché boursier belge plus faible qu'ailleurs
La nouvelle boursière la plus frappante que j'ai vue passer le mois dernier concerne également le BEL 20 et provient d'un article publié dans le journal De Tijd : « Bruxelles parmi les marchés boursiers les moins performants au monde ». Depuis le début de l'année, la Bourse de Bruxelles figure parmi les bourses les moins performantes du monde, se classant au 79ème rang sur un total de 92 indices nationaux.
Le BEL 20 a perdu 7,77 % depuis le début de l'année, contrairement à de nombreux autres indices européens qui ont réussi à enregistrer des gains. La seule bourse européenne à faire moins bien depuis le début de l'année est la bourse d'Helsinki. Une partie de l'explication réside dans le fait que le BEL 20 est fortement représenté par des sociétés immobilières.
À l'exception de Care Property Invest, toutes les actions immobilières mentionnées ci-dessus font partie du BEL 20, ce qui rend notre indice beaucoup plus vulnérable aux hausses de taux d'intérêt que d'autres indices. Par ailleurs, les actions belges sont souvent privilégiées par les investisseurs en dividendes, mais la hausse des coupons sur les obligations menace à son tour les actions à dividendes. Entre-temps, les rendements de ces dernières sont déjà souvent plus élevés.
Nous sommes également confrontés à une forte présence d'entreprises cycliques. Il s'agit d'entreprises qui subissent plus fortement l'impact des cycles économiques et qui souffrent donc plus fortement de la situation économique actuelle. Par conséquent, seules quatre des 20 entreprises de l'indice ont réussi à enregistrer des hausses de prix depuis janvier.
L'inflation belge plus faible qu'ailleurs
Beaucoup de négativité, mais aussi de l'espoir. L'inflation belge est tombée à 2,4 % au mois d'août, ce qui pourrait profiter à l'économie belge et la relancer. Ces 2,4 % sont inférieurs aux 4,3 % de la zone euro (le point le plus bas depuis deux ans) et aux 3,7 % des États-Unis.
La principale conclusion et leçon à tirer de la mauvaise performance du BEL 20 est que la diversification est vraiment la clé du succès en matière d'investissement.
Tips & Tricks sur la diversification
L'un des conseils souvent donnés aux investisseurs est « Achetez ce que vous connaissez ». Un conseil que je recommande vivement, sans pour autant oublier l'aspect de la diversification. Certains investisseurs belges ne jurent que par les valeurs belges et n'investissent que dans celles-ci. Mais cela ne me semble pas être la meilleure stratégie, compte tenu des piètres performances du BEL 20 cette année et l'année dernière. Après tout, de nombreux autres indices internationaux ont réussi à obtenir de bons résultats.
Si, par exemple, vous n'avez pas investi dans le secteur technologique américain ces dernières années, vous avez certainement laissé passer de beaux rendements. La diversification réduit considérablement le risque pour l'investisseur. On ne saurait trop insister sur son importance. Voici quelques bons plans pour intégrer la diversification dans votre portefeuille d'investissement en tant qu'investisseur :
1. Achetez des actions de différentes sociétés :
Au lieu d'investir tout votre argent dans les actions d'une seule société, achetez des actions de différentes sociétés. Vous serez ainsi moins dépendant de la réussite ou de l'échec d'une seule entreprise. Si vous investissez dans des actions individuelles, il est recommandé d'acheter au moins 10 actions, idéalement 15 à 20, afin de répartir au mieux les risques.
2. Envisagez différents secteurs :
Choisissez des actions issues de différents secteurs d'activité, tels que le secteur technologique, la santé, l'énergie, les services financiers, l'immobilier... Si un secteur enregistre de mauvaises performances, les autres secteurs peuvent compenser la perte potentielle.
3. Répartissez-vous entre les régions :
Envisagez d'investir dans des actions d'entreprises de différentes régions ou de différents pays. Vous éviterez ainsi de dépendre uniquement de la situation économique d'un pays, par exemple des résultats du BEL 20.
4. Mélangez les grandes et les petites entreprises :
Ajoutez à votre portefeuille à la fois des grandes entreprises bien établies et des petites entreprises en croissance. Les grandes entreprises ont tendance à être plus stables et plus susceptibles d'offrir des dividendes, tandis que les petites entreprises peuvent avoir un plus grand potentiel de croissance.
5. Pensez aux ETF :
Envisagez d'investir dans des ETF (Exchange Traded Funds ou Fonds négociés en Bourse) qui offrent déjà un portefeuille d'actions immédiatement diversifié. Il est ainsi plus facile d'obtenir une diversification sans avoir à sélectionner des actions individuelles.
Le gouvernement flamand réduit sa participation dans Gimv
D'autres nouvelles notables ont été communiquées par le gouvernement flamand ce mois-ci. Il souhaite ainsi vendre sa participation de 27,8 % dans la société d'investissement cotée en bourse Gimv. Le paquet total détenu par le gouvernement vaudrait plus de 337 millions d'euros.
On peut se demander si c'est le meilleur moment pour vendre. Le cours de l'action de Gimv a baissé de 30 % par rapport au sommet atteint en 2022. En raison de la taille du paquet d'actions, une vente éventuelle priverait le gouvernement de 20 millions d'euros de dividendes par an. Le gouvernement opte pour une vente en bloc qui devrait être achevée d'ici la fin de l'année et par laquelle il souhaite vendre son paquet d'actions en une seule fois à un acheteur ou à un consortium. Ce que cela signifiera concrètement pour les investisseurs n'est pas encore très clair.
Gimv n'est pas l'action la plus liquide et n'est pas très connue en dehors du Benelux. Il pourrait donc être difficile de trouver un acheteur, bien que quelques entités aient déjà manifesté leur intérêt.
Hausse des taux d'intérêt en Russie
Les choses pourraient toujours être pires lorsqu'il s'agit de taux d'intérêt élevés et d'inflation. En Russie, le taux d'intérêt a été relevé de 100 points de base pour atteindre 13 % le mois dernier, afin de rendre le rouble russe, devenu assez faible, plus attractif.
En Turquie, l'inflation a atteint 61,5 % le mois dernier. La livre turque s'affaiblit considérablement. Alors qu'il y a dix ans, on recevait 2,8 lires turques pour un euro, on en reçoit aujourd'hui dix fois plus pour le même euro.
Voilà pour les nouvelles boursières du mois dernier et quelques éléments qu'il sera intéressant de surveiller dans le mois à venir. Je suis curieux de voir ce que le mois d'octobre nous réserve !
En tout cas, bonne chance !
Cédric.
Chaque jour, nous vous offrons un aperçu des titres les plus négociés chez Bolero sur Euronext. Idéal pour prendre la température du marché boursier et pour découvrir les actions ou les titres que les autres investisseurs s'arrachent !
Dans le top 10 aujourd'hui : Kinepolis, Euronav, Cofinimmo, KBC, Umicore, Stellantis, Barco, UCB, ING, Argen-x.
Publication: 10/10/2023 à 09h23
La présente communication n’a pas été établie conformément aux dispositions relatives à la promotion de la recherche indépendante en investissement et n’est pas soumise à l’interdiction de négoce avant la diffusion de la recherche.
Le risque d’embrasement est extrêmement élevé, et l’escalade est la seule réponse actuellement avec des morts civils de part et d’autre, et avec le sentiment qu’un nouveau front de guerre vient de s’ouvrir.
Impacts
Les bourses ont été mises sous pression hier, avant de se reprendre, et le prix du baril s’est stabilisé, personne ne pouvant anticiper la suite des événements, même s’ils se devinent.
Soulignons que les Etats-Unis sont en première ligne alors même que des discussions internes concernant le budget, et dès lors les dépenses militaires, risquent d’être bloquées faute de président de la Chambre.
A propos de taux
La question d’une dernière hausse de taux de la part de la FED demeure le point d’attention, mais la dernière hausse des taux longs pourrait finalement être salvatrice.
En tout cas à en croire certaines déclarations, comme celle de Philip Jefferson, vice-président de la FED, « nous sommes dans une période délicate de gestion des risques, où nous devons trouver un équilibre entre le risque de ne pas avoir suffisamment resserré la politique monétaire et le risque d’une politique trop restrictive. Je resterai conscient du resserrement des conditions financières par le biais de rendements obligataires plus élevés et je garderai cela à l’esprit lorsque j’évaluerai la trajectoire future de la politique ».
M. Logan, ancien chef de l’équipe des marchés à la FED de New York, ne dit pas autre chose, en déclarant « si les taux d’intérêt à long terme restent élevés en raison de l’augmentation des primes de terme, il pourrait être moins nécessaire de relever le taux des fonds fédéraux ».
Ce retour de la « prime de terme » pourrait en effet peser sur l’économie et donner moins de raison à la FED d’augmenter encore ses taux, ou bien est-ce parce que les investisseurs ont enfin intégré que les taux resteraient inchangés sur une longue période que l’on a connu cette hausse des taux longs ? L’œuf ou poule ?
Et les taux en Europe ?
« L’environnement macroéconomique est soumis à une énorme incertitude… Personne ne sait ce qui va se passer à l’avenir (…) surtout après ce qui s’est passé ce week-end », a déclaré M. De Guindos, vice-président de la BCE.
Et même si l’inflation recule, elle mettra du temps à revenir à l’objectif de 2%, et il a appelé à la prudence « principalement en raison de l’évolution des prix du pétrole, de la dépréciation de l’euro et de l’évolution des coûts unitaires de main-d’œuvre ».
La situation économique est aussi différente en Europe où l’atterrissage ne semble pas se faire en douceur, mais plus brutalement. En particulier en Allemagne, avec un nouveau recul de la production industrielle, recul de 0.2% en août par rapport au mois précédent.
Ce nouveau recul est la conséquence d’une baisse de 2.4 % de la production dans la construction, de 6.6 % dans la production d’énergie et de 2.3 % dans la fabrication de machines et d’équipements. C’est la production dans l’industrie automobile qui a limité les dégâts en affichant une expansion de 7.6 % sur le mois.
Autre point d’inquiétude, et qui pourrait venir freiner les velléités de certains membres de la BCE de réduire rapidement la taille du bilan de la BCE, l’élargissement du spread de l’obligation italienne par rapport au Bund.
Cet élargissement est la conséquence d’une hausse des rendements des obligations italiennes après que le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni ait dévoilé des plans pour des déficits budgétaires nettement plus élevés dans les années à venir.
Même si pour certains cette hausse est largement justifiée compte tenu des prévisions, cela remet sans doute en question de voir la discussion sur une réduction du programme PEPP s’amorcer lors de la réunion du Comité de la BCE en octobre.
Pour rappel, ce programme de 1.700 milliards d’euros, lancé au début de l’épidémie de Covid, est actuellement stabilisé, ce qui veut dire que la BCE n’achète plus d’obligations, mais elle a annoncé qu’elle continuerait à réinvestir le produit de la dette arrivant à échéance jusqu’à la fin de 2024.
Et ces réinvestissements pourraient être politiquement utiles, car la BCE a modifié les règles du plan afin que les réinvestissements puissent être orientés vers les pays de la zone euro confrontés à une hausse disproportionnée des coûts d’emprunt, comme par exemple l’Italie dans le cas présent si les turbulences venaient à devenir excessives.
Mais la BCE dispose encore d’un autre instrument, l’instrument de protection de la transmission, un système d’achat d’obligations qui n’a jamais été utilisé et qui cible des pays individuels afin de garantir que la politique de la BCE soit transmise de manière efficace. Cependant, cet instrument a été envisagé en cas de très fortes turbulences et l’élargissement du spread de l’Italie doit être vu comme un avertissement dont le gouvernement doit tenir compte.
Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances