ven. 7 nov. 2025

14:20

Le blog de Bernard Keppenne : « Surcapacité chinoise, vulnérabilité européenne »

Croire que la déflation en Chine est un problème interne est clairement méconnaître son impact sur les exportations chinoises à destination de l’Europe. Ces dernières ont très nettement augmenté depuis la mise en place des nouveaux tarifs douaniers par l’administration américaine.

L’Europe ne peut pas fermer ses frontières, mais elle doit protéger ses industries si elle ne veut pas voir ces dernières être englouties par un flot ingérable de produits chinois avec des prix qui écrasent toute concurrence.

Déflation en Chine

Même si, en Chine, le terme est tabou, l’économie chinoise est confrontée à une déflation, à savoir des prix de production négatifs depuis trois ans. Ce n’est certes pas la première fois que le pays connaît une situation de ce type, mais rarement sur une aussi longue période, ce qui explique que les autorités sont particulièrement inquiètes.

À un point tel que le président chinois Xi Jinping a appelé à freiner cette compétition « désordonnée » qui pèse sur l’économie. Un chiffre permet de prendre la pleine mesure de la situation, alors que les ventes de véhicules électriques ont été multipliées par dix depuis 2020 en Chine, la rentabilité des constructeurs a chuté.

En cause, une surabondance de l’offre et une demande intérieure atone à cause du moral des ménages en berne, conséquence de la crise immobilière qui frappe l’épargne des ménages et les incite à limiter leur consommation.

Un double effet

Faute de trouver des débouchés sur le marché intérieur, les entreprises chinoises accentuent leurs exportations. Et l’Europe se trouve doublement sous pression, avec l’instauration des nouveaux droits de douane américains qui obligent les entreprises chinoises à trouver de nouveaux débouchés.

Même si, jusqu’à présent, l’Europe n’observe pas une modification substantielle des flux commerciaux, certaines marchandises sont importées en plus grande quantité dans l’Union depuis le mois d’avril 2025.

C’est ce qui ressort des chiffres publiés par le biais d’un nouvel outil de surveillance des importations pour aider l’UE à prévenir les détournements commerciaux préjudiciables et mis en place par la Commission européenne en juin dernier.

On pense évidemment d’abord au secteur automobile avec en particulier les véhicules hybrides rechargeables qui, à la différence des véhicules électriques chinois, ne font pas encore l’objet de droits de douane, et dont les volumes d’importation ont augmenté de 104 % avec une baisse des prix de 15 % en comparaison annuelle pour la période de janvier à août.

Dans le tableau publié le 18 octobre dernier, en sachant qu’il ne reprend que les produits dont la valeur d’importation hebdomadaire moyenne est d’au moins 200 000 EUR, j’ai pointé quelques produits (sur une liste de 106 lignes) pour donner des exemples de la variation des volumes et des prix de janvier à août par rapport à la même période en 2024 :

Produits concernés Code NACE Variation % en volume Variation % des prix
Fours pour la cuisson de produits céramiques CK – Fabrication de machines et d’équipements 1000% – 92%
Robots industriels CK – Fabrication de machines et d’équipements 852% -26%
Fil textile synthétique CB – Fabrication de textiles, d’habillement, de cuir et de produits connexes 215% -52%

Malgré les propos rassurants de la Commission, il ressort quand même de ce tableau que les importations en provenance de Chine semblent être les plus problématiques dans un bon nombre de secteurs : textiles et cuir, bois et papier, chimie et produits chimiques, métaux, équipements et machines, équipements de transport.

Réactions de l’Europe

L’Europe ne peut pas fermer ses frontières, ni imposer des droits de douane sur tous les produits chinois importés.

Mais elle doit défendre son tissu industriel et éviter de voir ce dernier disparaître face à une concurrence jugée, à juste titre, comme déloyale.

D’autant plus que les autorités chinoises ont clairement l’intention de continuer à soutenir l’industrie, en particulier dans les nouvelles technologies, comme l’a encore souligné Xi Jinping, mi-octobre, en appelant la nation à s’assurer une « position stratégique de premier plan » dans la course mondiale aux technologies.

Si l’Europe a déjà pris des mesures sur l’acier en imposant des droits de douane de 50 % pour protéger son secteur sidérurgique, elle va devoir, non seulement, investir massivement dans les industries tournées vers les nouvelles technologies, mais aussi se protéger en cas d’importations trop invasives des produits chinois dans les secteurs stratégiques.

Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances

11:56

Les titres les plus négociés sur Bolero

Chaque jour, nous vous offrons un aperçu des titres les plus négociés chez Bolero sur Euronext. Idéal pour prendre la température du marché boursier et pour découvrir les actions ou les titres que les autres investisseurs s'arrachent !

Dans le top 10 aujourd'hui : Financière de Tubize, Proximus, GBL, KBC, Sofina, Solvay, KBC Ancora, ASML, UCB, D'Ieteren.

10:03

Actualités des entreprises du Benelux

  • Euronext relève ses prévisions de coûts et lance un programme de rachat d'actions.
  • UCB remanie son top management avec de nouvelles fonctions commerciales et de contact avec les patients.
  • Corbion lève 100 millions de dollars par le biais d'un placement privé aux États-Unis.
  • ABN Amro relève son objectif de cours malgré des opportunités de surprise limitées.
  • GBL voit sa valeur nette d'inventaire baisser mais accélère ses rachats d'actions.
  • Quest for Growth réduit sa décote grâce à la hausse de sa valeur d'actif net.
  • L'augmentation de capital de Crescent est entièrement financée par Van Zele Holding.
  • Proximus relève ses prévisions de cash-flow malgré la baisse du chiffre d'affaires de Global.
  • InPost dépasse les attentes avec une forte croissance de l'EBITDA.
  • Brunel International réduit ses coûts et accélère sa transformation numérique.
  • Sif Holding augmente son carnet de commandes malgré une baisse de l'EBITDA.
  • CM.com rejette l'offre d'achat de Bird et reste déterminé à poursuivre sa croissance autonome.
  • Aperam réduit sa dette malgré la baisse de son chiffre d'affaires et de ses bénéfices.
10:02

Actualités des entreprises européennes

  • Hensoldt augmente ses commandes de 8,7 % et investit 1 milliard d'euros dans l'expansion de ses capacités.
  • Aperam réduit son EBITDA de 25 % mais s'engage à réduire sa dette de 200 millions d'euros.
  • InPost augmente son EBITDA de 24 % et ajuste ses prévisions de croissance pour 2025.
  • Alpha Bank enregistre un bénéfice net de 677 millions d'euros et augmente ses revenus de commissions de 14 %. 
  • Gunvor retire son offre de rachat des actifs de Lukoil après l'opposition des États-Unis.
  • SAP prépare des concessions pour régler l'enquête antitrust de l'UE.
  • Daimler Truck voit son EBIT baisser de 40 % mais confirme ses prévisions pour l'année entière.
  • Unipol augmente son bénéfice net de 48 % et développe ses activités d'assurance.
  • Amadeus dépasse les attentes de bénéfices de 370,2 millions d'euros au troisième trimestre.
  • Monte dei Paschi di Siena réalise un bénéfice de 474 millions d'euros et prépare une nouvelle stratégie.
  • IAG augmente son bénéfice d'exploitation à 2,05 milliards d'euros malgré un taux de remplissage plus faible.
  • Vodafone et AST SpaceMobile prévoient une constellation de satellites pour des connexions directes par smartphone.
  • ITV négocie avec Sky la vente de sa division médias et divertissement pour 1,6 milliard de livres sterling.
10:01

Actualités des entreprises américaines

  • Nvidia confirme que les ventes de puces Blackwell à la Chine sont interrompues pour le moment.
  • Take-Two Interactive reporte à nouveau la sortie de GTA VI à fin 2026.
  • ConocoPhillips relève son dividende et ses prévisions de production malgré les inquiétudes suscitées par Willow.
  • Boeing remporte de nouvelles commandes de Dreamliner en Asie centrale. 
  • Alphabet construit un centre de données d'IA sur Christmas Island pour la défense australienne. 
  • Comcast étudie l'acquisition de l'activité de streaming Warner Bros Discovery. 
  • Eli Lilly et Novo Nordisk réduisent le prix de leurs médicaments amaigrissants dans le cadre d'un accord conclu aux États-Unis. 
  • Meta gagne des milliards grâce à des publicités pour des produits interdits. 
  • Tesla obtient l'approbation d'un plan de rémunération historique pour Elon Musk. 
  • Airbnb affiche une forte croissance de son chiffre d'affaires grâce à la demande croissante de locations de vacances. 
  • Moderna limite sa perte trimestrielle et lance un nouveau vaccin pour les personnes âgées. 
  • Les investisseurs vendent les actions de Duolingo en raison de la faiblesse des perspectives. 
10:00

Actualités des entreprises asiatiques

  • Qantas Airways revoit à la baisse ses prévisions de recettes en raison de la faiblesse de la demande et de la hausse des coûts du carburant.
9:47

Nouvelles recommandations pour les actions

Publication : le 6 novembre 2025 à 9h47

La présente communication n’a pas été établie conformément aux dispositions relatives à la promotion de la recherche indépendante en investissement et n’est pas soumise à l’interdiction de négoce avant la diffusion de la recherche.

9:44

Le blog de Bernard Keppenne : « Taux figés, signaux brouillés »

Finalement, la Banque d’Angleterre a décidé de laisser ses taux inchangés, mais le vote serré donne à penser qu’elle devrait réduire ses taux en décembre, ce qu’a laissé entendre son gouverneur.

Décision de la BOE

Le statu quo a en effet été décidé par un vote extrêmement serré de 5 voix contre 4, ce qui a renforcé les anticipations d’une baisse des taux lors de la réunion de décembre.

Son gouverneur, Andrew Bailey, qui a voté en faveur du statu quo, a certes estimé que les risques globaux d’inflation ont diminué, mais il a préféré attendre d’autres preuves avant d’agir.

Et de déclarer, « nous pensons toujours que les taux sont sur une trajectoire graduelle vers le bas, mais nous devons être sûrs que l’inflation est sur la bonne voie pour revenir à notre objectif de 2 % avant de les réduire à nouveau ».

Le scénario de la BoE n’a pas changé concernant l’inflation, elle table toujours sur une inflation qui restera au-dessus de l’objectif de 2 % jusqu’au deuxième trimestre 2027, tout en notant par ailleurs une faiblesse du marché de l’emploi.

Le rendement de l’obligation en sterling à 2 ans a déjà complètement intégré cette baisse de taux de décembre.

Statu quo aussi

Pour la Banque centrale de Norvège, qui a laissé son taux inchangé, comme la BoE, à 4 %, tout en n’envisageant des baisses de taux que dans le courant de l’année prochaine.

Sa gouverneure Ida Wolden a été très claire, « la lutte contre l’inflation n’est pas totalement achevée et nous ne sommes pas pressés de réduire le taux directeur ».

L’inflation sous-jacente demeure proche des 3 %, niveau trop élevé par rapport à l’objectif de la Banque centrale, ce qui explique sa prudence et le mouvement extrêmement faible des baisses de taux depuis le début de l’année.

Chute des exportations

Les exportations de la Chine ont chuté de manière inattendue en octobre de 1,1 % en taux annuel contre un taux de 8,3 % en septembre.

Les exportations vers les États-Unis ont dégringolé de 25,17 % en taux annuel, alors que celles vers l’UE ont augmenté de 0,9 %, et vers les économies d’Asie du Sud-Est, de 8,9 %.

Ce chiffre vient corroborer les indices d’un ralentissement de l’économie chinoise déjà perceptible dans l’évolution de l’indice de confiance PMI manufacturier.

Car après que les poussières de l’affrontement entre les États-Unis et la Chine sont retombées, les exportations chinoises à destination des États-Unis sont, dans les faits, soumises à des droits de douane de 45 %, ce qui les oblige à trouver de nouveaux débouchés.

Mais évidemment, les autres pays ne voient pas d’un bon œil débarquer des produits chinois en masse, avec en plus des prix bradés, alors que dans le même temps, les importations chinoises demeurent extrêmement faibles.

Ces dernières n’ont augmenté que de 1 % en octobre, en taux annuel, contre un taux de 7,4 % en septembre, preuve que la demande intérieure reste atone.

Mise en garde de la Bundesbank

Si la Chine se prend de plein fouet la hausse des tarifs douaniers, que dire de la situation en Allemagne qui était déjà fortement fragilisée avant même cette hausse de ces derniers.

Le constat posé par la Bundesbank est sans appel. Elle estime que l’Allemagne est confrontée à des risques croissants avec comme conséquence que la faiblesse économique s’infiltre dans différents secteurs de l’économie.

Michael Theurer, membre du conseil d’administration de la Bundesbank, pointe le fait que « le cours erratique de la politique commerciale américaine pèse sur l’économie mondiale, notamment sur l’industrie allemande qui dépend des exportations. Dans le même temps, les défis structurels pèsent de plus en plus sur le secteur des entreprises allemandes ».

La Bundesbank s’inquiète également de l’augmentation du niveau d’endettement, tant au sein de l’UE qu’à l’extérieur de celle-ci, car elle soulève des questions quant à la viabilité de la dette.

Et on peut lire dans son rapport, « étant donné que le système financier allemand est profondément intégré dans le système financier européen et compte tenu du lien entre l’État et les banques, cela pourrait constituer un risque considérable pour la stabilité du système financier allemand ».

Dernier point d’inquiétude pour la Bundesbank, les valorisations des marchés d’actions et de la dette des entreprises, qui sont supérieures aux moyennes à long terme, ce qui augmente le risque d’une correction.

Propos qui évidemment trouvent un écho particulier alors que cette semaine les secteurs technologiques et liés à l’IA ont connu une correction qui s’est encore observée hier aux États-Unis.

À propos des États-Unis

En l’absence de chiffres, à cause de la fermeture du gouvernement, le moindre indicateur sur l’état du marché de l’emploi fait l’objet d’une attention particulière.

Selon une estimation de la FED de Chicago, le taux de chômage aurait grimpé à 4,36 % contre 4,35 % en septembre, soit son niveau le plus élevé depuis quatre ans.

Autre indicateur, selon un rapport de Challenger, Gray & Christmas, société mondiale d’outplacement, les employeurs américains ont supprimé plus de 150 000 emplois en octobre, marquant la plus grande réduction pour le mois en plus de 20 ans.

Et on ne parle ici que des entreprises, et pas des conséquences de la fermeture du gouvernement.

Avec un chiffre de 153 074 licenciements, il s’agit d’une hausse de 175 % par rapport au mois d’octobre de l’année passée. Et depuis le début de l’année, les suppressions d’emplois sont en hausse de 65 % par rapport à la même période de l’année dernière.

Ces chiffres impressionnants s’expliquent parce que « certaines industries corrigent le tir après l’explosion des embauches due à la pandémie, mais cela se produit alors que l’adoption de l’IA, le ralentissement des dépenses des consommateurs et des entreprises, et l’augmentation des coûts poussent à se serrer la ceinture et à geler les embauches », selon Andy Challenger, directeur des revenus chez Challenger, Gray & Christmas.

Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances