lun. 20 mars 2023

13:10

Les investissements en cybersécurité dopés par les offensives des « hackers »

Les cyberattaques sont de plus en plus nombreuses

Les médias mentionnent de plus en plus souvent des attaques informatiques de « hackers » visant les particuliers, les entreprises, les pouvoirs publics et même des États. En 2021, selon le Moniteur de Sécurité, 40,1 % des Belges ont été victimes d'hameçonnage, donc attirés vers un faux site internet pour les escroquer. Et au niveau mondial, d’après Check Point Research, de nouvelles données sur les tendances en matière de cyberattaques indiquent une augmentation de 38 % des attaques mondiales en 2022 par rapport à 2021 !

Quelles sont les principales raisons expliquant pourquoi ces attaques se multiplient ?

  • Les pirates informatiques (ou hackers) sont de plus en plus agiles et sophistiqués et certains se regroupent même dans des des gangs « professionnels » de ransomware (ou rançongiciel, soit un virus informatique qui bloque les données de la victime et ne sont libérées qu’après versement d’une rançon, souvent en bitcoins car difficilement traçables) ;
  • Ces hackers se sont concentrés sur l'exploitation des outils de collaboration utilisés par les travailleurs à distance (comme Slack, Teams, OneDrive ou Google Drive, mais aussi les mails par exemple) et sur les réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, Messenger, LinkedIn…) de plus en plus utilisés, en particulier depuis la pandémie ;
  • La croissance exponentielle (voir tableau ci-dessous) du nombre d’appareils connectés ou IoT (Internet of Things pour « Internet des Objets ») et la digitalisation croissante de l’économie va aussi de pair avec une démultiplication des cyberattaques.

Certains secteurs sont plus visés que d’autres par les hackers

Sont ainsi particulièrement visés : les écoles et les établissements d'enseignement qui sont passés, au moins en partie, à l'apprentissage en ligne pendant la pandémie. Comme on le voit ci-dessous, les institutions académiques sont devenues un terrain de prédilection pour les cybercriminels : le secteur de l'éducation et de la recherche est le secteur le plus attaqué au monde (+43 % en 2022 par rapport à 2021) avec une moyenne de 2 314 attaques chaque semaine ! Les écoles et les universités sont également confrontées au défi de traiter avec des enfants ou de jeunes adultes, dont beaucoup utilisent leurs propres appareils, travaillent dans des lieux partagés et se connectent souvent à des réseaux WiFi publics sans penser aux implications en termes de sécurité.

Les hôpitaux sont aussi des cibles particulières car la vie des patients peut dépendre de leur bon fonctionnement. Surtout, ils disposent des données de santé, qui font partie des plus sensibles, au sens du règlement européen de protection des données personnelles (RGPD). Aux États-Unis, presque 400 hôpitaux avaient été visés par une vaste attaque en 2020, chacun faisant face à une demande de rançon moyenne 2 millions de dollars. En 2021, le total des rançons payées outre-Atlantique aurait atteint 1,3 milliard de dollars selon les agences fédérales, contre « seulement » une cinquantaine de millions quelques années plus tôt…

Après les institutions académiques, les gouvernements et sociétés militaires sont les plus attaqués, précédant le secteur de la santé, le secteur des communications et les fournisseurs d'accès à Internet.

Mais les entreprises sont aussi une cible choix pour les pirates informatiques. Et si les grands groupes aux ressources financières importantes sont des cibles logiques pour les cybercriminels qui savent qu’il y a beaucoup à gagner, 60 % des victimes sont des PME. Se sentant souvent moins concernées, ne disposant pas toujours en interne des expertises et des systèmes requis pour se protéger, elles représentent des cibles de choix.

La cybercriminalité s’intensifiant, les investissements en cybersécurité ont un énorme potentiel

La croissance de l'économie numérique s'accompagne donc malheureusement de celle de la criminalité numérique. Le nombre croissant d'interactions en ligne et mobiles crée des millions d'opportunités d'attaques. Au rythme actuel de croissance, selon McKinsey, les dommages causés par les cyberattaques s'élèveront à environ 10 500 milliards de dollars par an d'ici à 2025, soit une augmentation de 300 % par rapport aux niveaux de 2015.

Selon Gartner, les dépenses en produits et services de sécurité de l'information et de gestion des risques devraient augmenter de 11,3 % pour atteindre plus de 188,3 milliards de dollars en 2023. La sécurité du cloud est la catégorie qui devrait connaître la plus forte croissance au cours des deux prochaines années. Et selon une autre étude de Gartner, le marché atteindrait 267,3 milliards de dollars en 2026, avec un TCAC (Taux de Croissance Annuel Composé) de 11,0 %.

Cependant, face à l'ampleur du problème cybercriminel, même ce « réveil de la sécurité » est probablement insuffisant. Une enquête menée auprès de 4 000 entreprises de taille moyenne suggère que le volume des menaces auraient presque doublé entre 2021 et 2022. Selon cette enquête, près de 80 % des groupes de menace observés opérant en 2021, et plus de 40 % des logiciels malveillants observés, n'avaient jamais été vus auparavant. Cette dynamique laisse entrevoir un potentiel important sur un marché en pleine évolution. Et les solutions commerciales actuellement disponibles ne répondent pas entièrement aux demandes des clients. Par conséquent, avec le taux de pénétration actuel des solutions de sécurité, le marché de la cybersécurité a un grand potentiel, soit 1 500 à 2 000 milliards de dollars !

Bref, la cybercriminalité de plus en plus importante et agressive va « booster » la cybersécurité, un des segments les plus porteurs du secteur technologique.

Source : Michel Ernst, Stratégiste Actions Senior - CBC Banque Privée

11:36

Les titres les plus négociés sur Bolero

Chaque jour, nous vous offrons un aperçu des titres les plus négociés chez Bolero sur Euronext. Idéal pour prendre la température du marché boursier et pour découvrir les actions ou les titres que les autres investisseurs s'arrachent !

Dans le top 10 aujourd'hui : KBC, ING, KBC Ancora, Ageas, AB InBev, BNP Paribas, Umicore, Ackermans & van Haaren, Sofina, D'Ieteren.

9:41

Actualités des entreprises du Benelux

  • KBC Securities a examiné l'efficacité du bimekizumab d'UCB dans le cadre de l'hidradénite suppurée et l'a jugée bonne. 
9:38

Actualités des entreprises européennes

  • UBS a racheté le Crédit Suisse pour un peu plus de 3 milliards d'euros et un grand nombre de garanties. 
  • Mercedes investira des milliards de dollars dans la modernisation de ses usines au cours des prochaines années.
  • Un tribunal russe a gelé lundi tous les actifs de Volkswagen en Russie.
  • Les entreprises énergétiques Lhyfe et Centrica vont collaborer dans le domaine de l'hydrogène vert renouvelable en mer.
  • Rolls-Royce a reçu des fonds de l'Agence spatiale britannique pour développer un réacteur nucléaire pour la base lunaire.
9:37

Actualités des entreprises américaines

  • Berkshire Hathaway a porté son programme de rachat d'actions à 1,8 milliard de dollars d'ici à 2023.
  • La note de crédit de la First Republic Bank a encore été abaissée par S&P Global (de BB+ à B+).
9:35

Actualités des entreprises asiatiques

  • Le groupe indien Adani a suspendu les travaux relatifs à un projet de 4,2 milliards de dollars. 
  • Australian Clinical Labs souhaite acquérir la totalité de l'opérateur de centres médicaux Healius.
  • Le groupe chinois Evergrande pourrait publier les conditions de la restructuration de sa dette mercredi.
8:07

Le blog de Bernard Keppenne : « Un risque systémique écarté… pour le moment »

Mesures inédites et injections massives de liquidités, les autorités veulent éviter à tout prix une nouvelle crise financière comme en 2008 et font donc tout pour calmer les marchés.

Fin du Crédit Suisse

La décision du rachat du Crédit Suisse par UBS était manifestement la seule solution pour éviter un embrasement des marchés, mais les dégâts en terme d’emplois et pour les investisseurs seront énormes.

UBS va débourser 3 milliards de francs suisses pour racheter le Crédit Suisse suite clairement à une volonté des autorités de régulation suisses. Pour soutenir ce rachat, la Banque centrale suisse a annoncé une enveloppe de 100 milliards de francs suisses d’aide pour assurer la liquidité.

Pour éviter un risque de manque de liquidités, les Banques centrales de Suisse, du Canada, du Japon, d’Angleterre, la FED et la BCE ont décidé d’une action coordonnée visant à accroître la liquidité des marchés.

On sait déjà que la banque d’investissement du Crédit Suisse va être liquidée et qu’alors que le Crédit Suisse avait déjà annoncé la suppression de 9 000 postes, ce chiffre sera inéluctablement plus élevé. UBS a en effet annoncé des économies annuelles d’environ 7 milliards de dollars d’ici à 2027.

Si les actionnaires du Crédit Suisse vont recevoir des actions UBS en échange, avec une décote et donc quand même ne pas tout perdre, les détenteurs de certaines obligations du Crédit Suisse pour un montant de 17 milliards de dollars ont vu ces dernières être évaluées à zéro.

Tout ceci n’est qu’un aspect de la tourmente que nous avons traversé la semaine passée, car reste le volet des banques régionales américaines qui est loin d’être réglé.

La First Republic Bank a vu son cours de Bourse poursuivre sa chute et a vu son rating être abaissé à B+ contre BB+, avec perspectives négatives par S&P.

Mais d’autres banques régionales vont sans doute être mises sous pression et les autorités vont devoir encore agir très certainement. C’est dans ce contexte que la FED se réunit cette semaine et devrait annoncer une hausse de 0,25 % de son taux directeur.

J’ai évoqué tout cela ce matin à l’aube avec Guillaume Cordeaux dans le Brief de l’Echo. Bonne écoute !

Encore un mot sur les conséquences de ces tensions, les taux longs en Europe et aux États-Unis ont très nettement chuté, et toute une série d’opérateurs qui avaient pris des positions sur des hausses de taux plus agressives de la part de la FED ont encaissé de très fortes pertes.

Le deuxième constat est que la chute du prix du baril s’est poursuivie sur fond de crainte que cette crise n’accentue encore plus le ralentissement de l’économie.

Banque centrale chinoise

Vendredi, la Banque centrale chinoise a annoncé une réduction de 0,25 % du taux des réserves obligatoires des banques à partir du 27 mars.

Cette décision intervient plus tôt que prévu et démontre que la reprise est plus lente qu’escomptée, et est aussi justifiée par les problèmes bancaires au niveau mondial.

Pour justifier cette décision, la Banque centrale a déclaré que son intention était de « faire une bonne combinaison de politiques macroéconomiques, d’améliorer le niveau des services pour l’économie réelle et de maintenir une liquidité raisonnablement suffisante dans le système bancaire ».

Moral des consommateurs

L’indice de confiance des consommateurs de l’Université de Michigan a reculé, mais cet indice ne tient pas encore compte des problèmes des banques régionales de la semaine passée.

Ce dernier s’est établi à 63,4 contre 67, mais clairement il devrait encore se dégrader lorsque l’enquête finale sera publiée dans le courant du mois.

Par contre, bonne nouvelle pour la FED, cette enquête de l’Université de Michigan montre que les prévisions d’inflation à un an sont tombées à 3,8 %, le niveau le plus bas depuis avril 2021, contre 4,1 % en février. Les perspectives d’inflation à cinq ans ont chuté à 2,8 %, tombant en dessous de la fourchette étroite de 2,9-3,1 % pour la deuxième fois seulement au cours des 20 derniers mois.

Source : Bernard Keppenne - Chief Economist CBC Banque & Assurance