lun. 13 mars 2023
S'il faudra attendre 2024 pour les chiffres officiels de la croissance des trois régions belges en 2022, cela n'empêche pas les économistes de se pencher déjà sur la question. Johan Van Gompel, Senior Economist du KBC Group a analysé les estimations et les premiers chiffres disponibles pour tenter de comprendre l'évolution de la croissance, du PIB et du « produit régional brut réel » pour la Wallonie, la Flandre et la Région de Bruxelles-Capitale, en 2022. Retrouvez ce qu'il en a appris et son rapport de recherche dans son intégralité via ce lien.
Le prix de l'or est resté presque inchangé en 2022, alors que les actions et les obligations connaissaient une année particulièrement mauvaise !
Fin 2021, une once d’or (soit 31,10 grammes de métal jaune) valait 1 829,20 dollars. Fin 2022, l’once valait 1 825,56 dollars, soit un niveau quasiment inchangé par rapport au niveau d'un an plus tôt (en dollars US en tout cas, étant donné qu’1 euro valait 1,137 dollars fin 2021 et 1,0705 fin 2022). Mais cette stabilité par rapport aux actions ne fut qu’apparente : le prix de l’or a connu 3 phases bien distinctes l’année passée. D’abord une hausse de 12,1 % entre début janvier et le 8 mars, 2 semaines après l’invasion de l’Ukraine, atteignant un maximum de 2 050,76 dollars/once ce jour-là, les investisseurs lui redonnant son statut de valeur refuge. Ensuite, une longue décrue de 20,9 % entre ce moment et fin septembre, avec un plus bas de l’année à 1 622,36 dollars l’once, sous l’effet notamment du resserrement monétaire de la banque centrale américaine. Enfin, un rebond de 12,4 % jusqu’au 31 décembre, les marchés espérant une détente des taux.
L’offre totale d’or a légèrement augmenté l’année passée…
Selon le World Gold Council, l'offre totale d’or a augmenté de 1,5 % en glissement annuel en 2022, atteignant 4 754,5 tonnes, et mettant fin à 2 années de baisses successives. La production minière de 3 611,9 tonnes a été la plus élevée depuis 2018, car l'industrie minière est restée largement exempte d'interruptions dues au Covid-19, et la production en Chine a affiché une année complète sans arrêts de sécurité dans la province de Shandong. Outre la production, 1 144,1 tonnes d’or recyclé ont été mises sur le marché, soit près d’un quart de l’offre totale d’or en 2022.
…par contre la demande d’or a fortement rebondi
Comme on le voit sur le graphe ci-dessous, la demande annuelle d'or (hors OTC ou marché de gré à gré) a bondi de 18 % en 2022 pour atteindre 4 741 tonnes. Un montant inédit depuis 2013, favorisé par une demande record de 1 337 tonnes au quatrième trimestre !
Si on détaille le total de 4 741 tonnes demandées, on constate que la consommation de bijoux a légèrement fléchi en 2022, avec une baisse de 2,9 %, à 2 086,2 tonnes. Une grande partie de cette faiblesse s'est manifestée au quatrième trimestre, au moment de la remontée du prix de l'or.
La demande d'investissement (hors OTC) – soit lingots, pièces et ETF (ou trackers) - a atteint 1 106,8 tonnes (+10,5 %) en 2022. La forte croissance en Europe, en Turquie et au Moyen-Orient a compensé un fort ralentissement en Chine - où la demande a été affectée tout au long de l'année par des facteurs liés au Covid-19 – alors que la demande en Inde est restée robuste par rapport aux niveaux pré-pandémie. La demande de lingots et de pièces d'or a augmenté de 2 % pour atteindre 1 217,1 tonnes, tandis que les avoirs des ETF en or ont diminué, mais dans une moindre mesure qu'en 2021 (-110,4 tonnes contre -189 tonnes). La demande d'or dans le secteur technologique a par contre connu une forte baisse au quatrième trimestre, ce qui a entraîné une baisse de 7 % sur l'ensemble de l'année, à 308,5 tonnes. La détérioration de la situation économique mondiale a entravé la demande d'électronique grand public.
Mais il est surtout interpellant de constater qu’un deuxième trimestre consécutif de demande énorme de la part des banques centrales (417 tonnes) a porté les achats annuels dans le secteur à un sommet de 1 135,7 tonnes, dont la majorité n'a pas été déclarée ! En effet, en dehors de la Turquie, les principales institutions acheteuses ne sont toutefois pas connues pour le moment, puisque la plupart des acquisitions n'ont pas été déclarées auprès du FMI (Fonds Monétaire International). Les soupçons portent sur la Russie, des pays du Golfe mais avant tout sur la Chine. Cette dernière a déjà, par le passé, réalisé des achats massifs sur une courte période et les a annoncés plusieurs mois plus tard. Pékin a certes déclaré avoir acquis 62 tonnes d’or en novembre et décembre, mais pour les experts, la Chine en aurait acheté bien davantage…
Les achats nets des banques centrales au plus haut depuis 1967 !
Comme on le voit ci-dessous, depuis 2010, les banques centrales sont à l’achat après 2 décennies de ventes nettes, atteignant un chiffre inédit depuis 55 ans !
La raison de cet engouement des banques centrales pour le métal précieux est, selon les observateurs, que l’or est un moyen pour les instituts d'émission de dédollariser (donc être moins dépendant du dollar américain et de la politique monétaire américaine) et de diversifier leurs réserves avec un actif sans aucun risque de contrepartie. Le gel des réserves russes par les États-Unis dans le cadre des sanctions contre Moscou a nettement soutenu les achats de banques centrales. La spectaculaire ruée vers l'or des banques centrales | Les Echos. Cette tendance a été confirmée par un récent sondage du World Gold Council : les banques centrales plébiscitent le métal jaune pour ses performances en période de crise et son rôle de réserve de valeur à long terme. Les incertitudes géopolitiques persistantes (Ukraine, Taïwan…) et l’inflation historiquement élevée que l’on connaît depuis plusieurs mois confirment évidemment ce constat…
Source : Michel Ernst, Stratégiste Actions Senior - CBC Banque Privée
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Durant tout le week-end, les autorités financières américaines ont tout fait pour endiguer les risques d’une contagion après l’effondrement de la Silicon Valley Bank.
Éviter une crise financière
Les autorités financières ont appris de la crise financière de 2008, et elles ont annoncé toute une série de mesures pour stabiliser le système bancaire et permettre aux déposants de la SVB d’avoir accès ce lundi à leurs dépôts.
Ces mesures ont été prises alors que les autorités ont pris possession de la Signature Bank SBNY.O, basée à New York, la deuxième banque à faire faillite en l’espace de quelques jours.
Pour éviter un effet domino, la FED a annoncé qu’elle allait mettre des fonds à disposition via un programme de financement à terme des banques, qui offrirait aux institutions de dépôts des prêts d’une durée maximale d’un an, garantis par des bons du Trésor et d’autres actifs détenus par ces institutions. Et pour éviter de voir les banques vendre à perte les obligations, celles-ci sont acceptées au pair par la FED comme garantie.
Conséquence de cette crise, la perspective d’une hausse de taux de 0,50 % de la part de la FED est passée à la trappe, et même, selon Goldman Sachs, la FED ne devrait plus relever ses taux vu l’instabilité sur les marchés financiers.
Résultat, le rendement du Treasury 2 ans a fait une fameuse courbe rentrante, et le dollar a très nettement reculé.
Économie solide
Et pourtant, les chiffres du le marché de l’emploi ont confirmé que l’économie demeurait solide, mais tout cela a été masqué par les risques d’une crise financière de grande ampleur.
Les créations d’emploi ont été plus élevées que prévu, à 311 000 après un chiffre de 504 000 le mois passé, légèrement revu à la baisse. Ce chiffre reste largement au-dessus de la moyenne des créations d’emploi observées sur la période de 2010 à 2019.
Le taux de chômage a légèrement progressé en passant de 3,4 % à 3,6 %, et le taux de participation de 62,4 % à 62,5 %.
La hausse du salaire horaire moyen a été de 0,2 % d’un mois à l’autre, soit un taux annuel qui est passé de 4,4 % à 4,6 %, ce qui a donné le sentiment qu’une hausse de 0,25 % des taux de la part de la FED semblait plus adaptée. Mais c’était avant que les autorités annoncent des mesures de sauvegarde du système financier.
Assurer la stabilité
Même si cette annonce n’a strictement aucun lien avec les soubresauts dans le système bancaire américain, Xi Jinping a laissé le gouverneur de la Banque centrale et le ministre des Finances à leur poste.
Alors que pour tous les autres postes il a placé ses alliés, il a annoncé qu’il maintenait Yi Gang, 65 ans, au poste de gouverneur de la Banque populaire de Chine et Liu Kun, 66 ans, au poste de ministre des Finances, alors même que l’âge officiel de la retraite est fixé à 65 ans.
Cette décision est probablement guidée par la nécessité d’assurer une certaine continuité d’autant plus que les défis économiques sont importants et qu’ils nécessitent des hommes d’expérience. Et elle a surpris, car Yi Gang était gouverneur de la PBOC depuis 2018, et son départ était largement pressenti après avoir été écarté du Comité central du Parti communiste au pouvoir lors du congrès quinquennal du parti en octobre.
Cela n’a cependant pas empêché XI Jinping de nommer, comme prévu, Li Qiang, comme Premier ministre.
Rassurés
Les mesures annoncées ce week-end donnent le sentiment d’avoir évité un effet de domino, l’indice VIX, qui mesure la volatilité, a certes progressé mais reste très loin des niveaux atteints lors des autres périodes chahutées. Les bourses sont attendues en hausse en Europe et le bitcoin s’est repris ce matin.
Avertissement
L’agence Fitch a annoncé vendredi qu’elle abaissait la perspective de la Belgique de « stable » à « négative ».
Cette décision a été justifiée par le fait que nous avons un déficit budgétaire important et persistant, dans un contexte marqué par une paralysie du monde politique, incapable de prendre les mesures nécessaires.
Fitch prévoit que le solde budgétaire de la Belgique se creusera pour atteindre 5,2 % en 2023, contre 4,0 % en 2022, et constate que « de notre point de vue, il est peu probable que le gouvernement adopte des mesures de consolidation fiscale qui pourraient réduire le déficit, alors que des élections législatives auront lieu en 2024. En raison du paysage politique fragmenté et de très longues négociations par le passé pour dégager une coalition, nous anticipons un risque de retard significatif dans la consolidation des finances publiques ».
Le différentiel de taux entre l’obligation belge et le Bund à 10 ans n’a pas réagi à cette annonce, mais attention à ce que des déclarations qui rejettent les mises en garde ne viennent pas accentuer ce dernier.
Source : Bernard Keppenne - Chief Economist CBC Banque & Assurance