lun. 6 mars 2023

15:15

Bourses mondiales : le pouvoir sans partage de Wall Street

L’Europe boursière surperforme jusqu’à présent les bourses américaines en 2023…

Depuis le début de l’année, l’Europe boursière fait clairement mieux que le principal indice américain : le Stoxx 600 progresse en effet actuellement de 8,9 % alors que le S&P 500 ne gagne « que » 3,7 % (en euros). À noter, par contre, que l’indice américain NASDAQ, plus technologique et biotech, gagne 9,5 % (en euros).

Trois secteurs jouent cette année les locomotives en Europe : les actions de la consommation cyclique, celles de la finance et celles de l’industrie, représentant environ 44 % de la capitalisation de l’indice Stoxx 600. Ces 3 secteurs progressent respectivement cette année en Europe de 16,3 %, 11 % et 12,8 %. Aux États-Unis, les actions technologiques, qui représentent de loin le principal secteur en bourse, soit 27 % de l’indice S&P 500, ne gagnent en 2023 « que » 10,1 %.

La meilleure tenue actuelle des actions européennes s’explique d’abord par la résilience — plus forte que ne l'avaient prévu les économistes — de l'économie de la zone euro. Par ailleurs, la valorisation des actions européennes est moins élevée que celle des valeurs américaines : elles se négocient à environ 13 fois leurs bénéfices, alors que cela monte à 18 fois de l'autre côté de l'Atlantique. La surperformance des actions européennes se confirme | L'Echo (lecho.be)

…mais le poids de Wall Street reste toutefois largement prédominant…

En effet, comme on le voit sur le tableau ci-dessous, la capitalisation boursière combinée des 2 plus grandes places boursières des États-Unis, le NYSE (New York Stock Exchange) et le NASDAQ (National Association of Securities Dealers Automated Quotations) éclipse toutes les autres bourses du monde. En fait, le NYSE à lui seul équivaut à la valeur réunie des bourses de Shanghai, de Shenzhen, du Japon et d’Euronext réunies !

La capitalisation boursière du NYSE est d’environ 22 800 milliards de dollars (pour près de 2 400 sociétés cotées) alors que celle du NASDAQ atteint plus ou moins 16 200 milliards (représentant 3 700 sociétés cotées). La bourse chinoise de Shanghaï, 3ème plus importante bourse mondiale, ne vaut « que » 6 700 milliards de dollars et Euronext, 4ème au monde, a une valeur de 6 100 milliards de dollars. Rappelons qu’Euronext est la principale place boursière de la zone euro regroupant les marchés boursiers de Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne, Dublin et Oslo.

La domination financière américaine est d’autant plus impressionnante que la valeur de toutes les sociétés cotées à Wall Street compte pour 42 % de la capitalisation boursière mondiale au regard du PIB US qui ne représente « que » 24 % du total mondial et alors que la population US ne compte que pour 4 % de la population terrestre !

…tout en sachant que le poids des valeurs américaines était encore plus important auparavant !

En fait, si la valeur des actions cotées sur les bourses américaines représente actuellement 42 % du total mondial, ce chiffre était encore plus important dans le passé ! Pendant la majeure partie des années ‘70, les États-Unis représentaient plus de 50 % de la valeur du marché boursier mondial. Au cours des années ‘80, la part américaine du total mondial a commencé à baisser, en partie à cause de la bulle des prix des actions au Japon. Ensuite, les dernières années, la montée en puissance des bourses émergentes (essentiellement Chine – Shanghaï et Shenzhen - et Inde) a aussi grignoté une partie du « gâteau » contrôlé par les États-Unis. Visualizing the Global Share of U.S. Stock Markets (visualcapitalist.com)

Comment expliquer cette véritable mainmise US sur les marchés boursiers internationaux ?

L'une des principales raisons de cette domination est la taille même de l'économie américaine. Avec un PIB qui avoisine les 26 000 milliards de dollars, l'économie américaine est la plus importante au monde, et les bourses américaines abritent certaines des entreprises les plus importantes au niveau mondial, notamment des géants de la technologie comme les célèbres GAFAM (Google (Alphabet), Apple, Facebook (Meta), Amazon, Microsoft). Gross Domestic Product (GDP) | FRED | St. Louis Fed (stlouisfed.org)

De plus les bourses américaines présentent plusieurs avantages qui les rendent attrayantes pour les investisseurs, notamment :

  • une solide surveillance réglementaire,
  • un environnement politique et économique stable,
  • un bassin très diversifié de sociétés bien connues dans lesquelles investir,
  • une longue histoire d'innovation et de progrès technologique.

La part de marché de Wall Street pourrait-elle fortement se réduire à l’avenir ?

La question mérite d’être posée étant donné, comme mentionné ci-dessus, que les bourses émergentes, en particulier, ont pris de plus en plus d’importance. Toutefois, comme on l’a vu au cours des deux dernières années, les bourses chinoises ne donnent pas encore autant de garanties de stabilité que leurs consoeurs US (interférences du pouvoir chinois en matière de régulation, fragilité de certains secteurs comme l’immobilier, manque de liquidité, volatilité de la devise…) ce qui entraîne une certaine méfiance de la part des investisseurs occidentaux.

Par ailleurs, en 2018, le groupe de consultance international PricewaterhouseCoopers (PwC) a interrogé des centaines d'acteurs du marché des capitaux sur l'avenir des bourses. Et, comme on le voit ci-dessous, à la question « Selon vous, quelles bourses parmi les suivantes les émetteurs prendront-ils en compte (en plus de leur bourse nationale) en 2030 lorsqu'ils planifieront une introduction en bourse ? », 37 % ont répondu le NYSE et 26 % le NASDAQ, qui finissent donc devant la bourse de Londres, les marchés émergents et Euronext. Capital Markets in 2030: The future of capital markets (pwc.com).

Bref, la domination des bourses américaines semble encore avoir de beaux jours devant elle…

Source : Michel Ernst, Stratégiste Actions Senior - CBC Banque Privée

11:39

Les titres les plus négociés sur Bolero

Chaque jour, nous vous offrons un aperçu des titres les plus négociés chez Bolero sur Euronext. Idéal pour prendre la température du marché boursier et pour découvrir les actions ou les titres que les autres investisseurs s'arrachent !

Dans le top 10 aujourd'hui : Financière de Tubize, D'Ieteren, ING, Exmar, Barco, Cofinimmo, AB InBev, LVMH, ABN Amro Bank, Lotus Bakeries.

9:45

Actualités globales des entreprises

  • Les marchés boursiers ont entamé le week-end sur une note positive. Les prix du pétrole sont de nouveau sous pression.
  • Solvay conclut un accord sur la vente de Rusvinyl pour 430 millions d'euros.
  • Helium certifie le « Cloudgate Helium Pro » de Crescent.
  • Mithra révèle des résultats d'étude positifs pour le Donesta, et bénéficiera bientôt d'un nouveau CEO.
  • Le médicament anticancéreux Enhertu d'AstraZeneca montre des premiers résultats encourageants.
  • TotalEnergies annonce avoir acheté un producteur de biogaz ainsi que des projets d'énergie solaire en Pologne.
  • Tesla réduit les prix des Model S et Model X de 4 à 9 % aux États-Unis.
  • La FDA accorde la priorité à l'examen du médicament contre la maladie d'Alzheimer de Biogen et Eisai.
  • Shell, Chevron et Petrobras envisagent des offres pour la vente aux enchères de pétrole en Guyane.
8:26

Le blog de Bernard Keppenne : « Pas de grand bond en avant en Chine »

La prudence est de mise en Chine concernant les prévisions de croissance, mais pas pour augmenter le budget de la défense ; le message est on ne peut plus clair.

Assemblée populaire nationale

Réunis ce dimanche, jusqu’au 13 mars, les 2 948 délégués ont écouté religieusement les perspectives du Premier ministre sortant, qui a fixé un objectif de croissance économique d’environ 5 % pour cette année. « Nous devons donner la priorité à la reprise et à l’expansion de la consommation », a-t-il déclaré.

Il s’agit du taux bas de la fourchette des estimations qui avaient circulé avant cette assemblée et qui montre que le secteur immobilier pourrait demeurer un frein à la reprise.

Mais cela n’a pas empêché le pouvoir d’annoncer une hausse de 7,2 % des dépenses de la défense pour cette année.

Les prochains jours vont servir à entériner le plan de réforme des institutions du Conseil d’État ainsi que la composition du nouveau cabinet pour les cinq prochaines années.

Inflation sous-jacente

Confirmation de ce que les chiffres nous ont indiqué, Christine Lagarde a déclaré que l’inflation sous-jacente dans la zone euro restera élevée à court terme, et elle a confirmé par la même occasion qu’une hausse de 50 points de base des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion est plus que certaine.

L’inflation sous-jacente a atteint un niveau record de 5,6 % le mois dernier et certains responsables politiques craignent que cette hausse ne soit désormais due à une augmentation des salaires dans le secteur des services, ce qui rend la croissance des prix plus durable et difficile à briser.

« Nous devons continuer à prendre toutes les mesures nécessaires pour ramener l’inflation à 2 %. Et nous le ferons », a déclaré Mme Lagarde.

Le secteur des services a confirmé son rebond

Après un petit passage à vide, l’indice ISM non manufacturier aux États-Unis s’est repris et a confirmé cette reprise en février, avec même les sous-indices des nouvelles commandes et de l’emploi qui ont atteint des niveaux supérieurs à ceux d’il y a un an.

Mais le revers de la médaille, c’est que si l’activité ne ralentit pas, cela maintient la pression sur les prix, ce qui devrait inciter la FED à encore augmenter ses taux.

Comme je le soulignais dans le commentaire sur l’inflation sous-jacente, et suite aussi à un basculement de la demande pour les biens vers les services, le secteur des services est désormais au centre de la lutte contre l’inflation, car les prix des services ont tendance à être plus rigides et moins réactifs aux hausses de taux d’intérêt.

Le deuxième élément qui maintient la pression sur les prix est un marché de l’emploi qui demeure tendu, avec le sous-indice sur l’emploi qui a atteint le niveau de 54 contre 50 en janvier, soit son niveau le plus élevé depuis décembre 2021. Autant dire que le chiffre des créations d’emploi publié vendredi sera un facteur déterminant.

La FED ne dit d’ailleurs rien d’autre dans son rapport semestriel au Congrès en constatant que le marché du travail demeure « extrêmement tendu » car les travailleurs restent en nombre insuffisant, qu’il faut que la croissance économique doit probablement ralentir encore pour tempérer les hausses de prix, que le système financier a absorbé les hausses de taux en grande partie sans problème, et que dès lors l’inflation, malgré tout, reste « bien au-dessus de l’objectif du Comité ».

Ce rapport précède la prestation de Powell devant les deux chambres, et compte tenu des derniers indicateurs, ses commentaires seront extrêmement importants pour anticiper les décisions futures de la FED.

Ce rapport pointe aussi un élément plus interpellant sur le long terme à savoir « en raison du vieillissement de la population, un renversement significatif de la tendance à la hausse de la part des retraités dans la population semble peu probable. Le taux de participation à la population active restera probablement bien en dessous de son niveau d’avant la pandémie. »

Ce qui signifie que les tensions sur les salaires ne vont pas s’estomper et que l’inflation ne va certainement pas revenir à ses niveaux d’avant et que, dès lors, les taux resteront élevés.

Source : Bernard Keppenne - Chief Economist CBC Banque & Assurance