lun. 13 nov. 2023

12:00

La chronique de Michel Ernst : « Quels types d’investissements privilégient les « ultra riches » ou UHNWI ? »

Comment définit-on une personne très fortunée ?

Il n’existe pas de définition officielle ou légale de la richesse, qui est une notion relative... Toutefois, comme le rappelait récemment Forbes, le célèbre magazine économique américain, les professionnels de la finance classent les personnes fortunées en 3 catégories :

  • Les HNWI (pour « High Net Worth Individuals ») soit des personnes ou des ménages qui possèdent des actifs liquides évalués entre 1 et 5 millions de dollars.
  • Les VHNWI (pour « Very High Net Worth Individuals ») détenant des actifs liquides se situant entre 5 et 30 millions de dollars.
  • Les UHNWI (pour « Ultra High Net Worth Individuals ») soit les particuliers ou ménages très fortunés communément appelés « ultra riches » et qui possèdent plus de 30 millions d’actifs liquides.

Dans quels actifs les « ultra riches » investissent ils principalement leur argent ?

Pour répondre à cette question, nous avons consulté le volumineux rapport annuel du groupe britannique Knight Frank qui en est à sa 17ème édition. À noter que ce spécialiste inclut, pour les personnes très fortunées, la résidence principale dans la valeur nette de 30 millions de dollars de patrimoine. L’étude de Knight Frank s’appuie sur les réponses fournies, en novembre 2022, par plus de 500 banquiers privés, conseillers patrimoniaux, intermédiaires et family offices qui gèrent ensemble, au niveau mondial, plus de 2 500 milliards de dollars pour des « ultra-riches ».

Comme le montre le tableau ci-dessus, les résidences principales et secondaires représentent 32 % du patrimoine total des personnes les plus fortunées, soit en moyenne 3,7 logements. Mais l’immobilier au sens large a un poids plus important dans le patrimoine des personnes très fortunées. En effet, si l’on intègre les propriétés commerciales en direct (14 % des avoirs) et via des fonds (5 %) ainsi que les sociétés d’investissement immobilier cotées ou REIT (3 %), l’immobilier « brique ou papier » compte donc en moyenne pour 54 % du patrimoine total des plus grandes fortunes.

Mais d’autres types d’investissement représentent aussi une part importante du portefeuille

Ainsi les investissements en actions représentaient, fin 2022, environ 18 % de la richesse des « UHNWI ». Mais si on exclut les résidences principales et secondaires – patrimoine à priori intangible - les actions représentent 26 % du patrimoine « liquide » des personnes très fortunées, sachant par ailleurs que ceux résidant dans les Amériques ont en moyenne davantage d’actions (33 % du patrimoine), suivis par l'Europe (28 %) et l'Asie (26 %). De leur côté les obligations comptaient, fin de l’année passée, pour 12 %. Un portefeuille d’investissement classique « actions-obligations » pesait donc pas loin d’1/3 du patrimoine des personnes très fortunées fin 2022.

Mais un patrimoine plus important que la moyenne permet aussi aux personnes très fortunées d’envisager des placements plus risqués, et à priori plus rémunérateurs, comme le private equity et le venture capital, soit généralement dans des actions non cotées en bourse et peu liquides, telles que par exemple des start-ups. Ce type d’investissement représentait fin 2022 en moyenne 6 % du patrimoine des plus fortunés.

Une autre étude, réalisée conjointement par Campden Wealth et Titanbay et consacrée spécifiquement au private equity montre que l'investissement moyen dans une société de capital-investissement se situe entre 1,8 et 6,9 millions de dollars pour les investisseurs très fortunés.

D’autres avoirs diversifient le patrimoine des plus fortunés

Dans cette catégorie, on trouve notamment les investissements dits « de passion », qui incluent une gamme diversifiée allant de l’art aux voitures de luxe et/ou de collection, en passant par les montres de luxe, la bijouterie, la maroquinerie, les vins fins voire les bouteilles de whisky millésimées… Ces investissements de passion représentent en moyenne 3 % de la richesse totale des ultra-riches.

En fait, la valeur de objets de luxe a augmenté au cours de 2022 dans un environnement boursier difficile qui a notamment vu l’indice S&P 500 chuter de plus de 19 %. Ainsi le marché de l’art a vu les prix augmenter de 29 % l’année dernière, la hausse la plus élevée parmi les articles de luxe. Les voitures de luxe (+25 %) et les montres (+18 %) ont également connu les plus fortes hausses de prix.

Notons enfin que 2 % du patrimoine des plus fortunés étaient, fin 2022, investis dans de l’or, la « valeur-refuge » type alors qu’inversement, 1 % était dévolu aux cryptoactifs comme le bitcoin ou les NFT, au comportement plus erratique et très volatile… Mais vu l’ampleur de leur patrimoine, les personnes les plus fortunées peuvent se permettre une évolution plus « sportive » pour une partie limitée de leurs avoirs !

Que représente la population des personnes très fortunées ?

En 2022, il y avait environ 579 000 personnes dans le monde dont la richesse dépassait les 30 millions de dollars. Géographiquement, New York, Tokyo et San Francisco abritent actuellement le plus grand nombre « d’ultra-riches » au monde. Selon certaines estimations, au cours des 5 prochaines années, ce nombre devrait atteindre 744 000, soit une augmentation de 29 %. Et donc logiquement, la demande d’immobilier (de luxe en particulier), de placements en actions ou obligations et d’articles de luxe devrait probablement croître étant donné le portefeuille type actuel des personnes fortunées…

Source : Michel Ernst, Stratégiste Actions Senior - CBC Banque Privée

11:57

Les titres les plus négociés en francophonie

Envie de savoir ce que les francophones s’échangent en Bourse sur la plateforme Bolero ? Chaque jour, découvrez le top 10 des titres les plus négociés sur Bolero côté francophone !

11:50

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Dans le top 10 aujourd'hui : Alfen, Adyen, KBC Groep, Melexis, Solvay, ASML Holding, Xior Student Housing, Aedifica, Colruyt et LVMH.

9:31

Actualités des entreprises du Benelux

  • Solvay prévoit une croissance du chiffre d'affaires net de 5 à 7 % entre 2024 et 2028. 

  • IMCD acquiert deux lignes commerciales de CJ Shah & Company. 

  • Proximus place avec succès une obligation verte à 10 ans pour 750 millions d'euros. 

  • KBC Securities revoit à la baisse l'objectif de cours d'Umicore.  

  • Bons résultats chez Alfen

  • Red Microtec presque entièrement détenue par Microtest. 

  • Materialise a présenté le résultat de sa collaboration avec les sociétés Ansys et DigiFabster. 

9:29

Actualités des entreprises européennes

  • Jusqu'à 20 % de personnel administratif en moins chez Volkswagen d'ici 2026 

  • UniCredit acquiert 9 % d'Alpha Bank auprès du fonds de sauvetage grec 

  • TotalEnergies paie 635 millions de dollars pour 3 centrales électriques au gaz 

  • EG Group utilise les unités de charge ultra-rapides de Tesla dans l'UE 

  • Phoenix Group relève ses objectifs annuels 

  • Eramet investit dans de grandes mines de lithium 

  • British Land constate une forte croissance des loyers 

  • Tullow Oil ouvre une facilité de crédit 

  • Le Wegovy de Novo Nordisk réduit également le risque d'insuffisance cardiaque 

9:28

Actualités des entreprises américaines

  • Mounjaro, la pilule antidiabétique d'Eli Lily, pourrait être autorisée en Europe en tant que pilule à usage unique. 
  • Apple va contester la décision antitrust européenne sur le numérique 
  • Le syndicat de United Auto Workers ignore la proposition de General Motors. 
  • Les valorisations des banques américaines les rendent plus attrayantes. 
  • Booking Holdings conclut un accord avec les autorités fiscales italiennes. 
  • Amazon pourrait investir des sommes importantes dans Character.AI
9:27

Actualités des entreprises asiatiques

  • Hyundai démarre une usine de construction en Corée du Sud 

  • Le salon de l'aéronautique de Dubaï démarre 

9:20

Nouvelles recommandations pour les actions

Publication : le 13 novembre 2023 à 09h25

La présente communication n’a pas été établie conformément aux dispositions relatives à la promotion de la recherche indépendante en investissement et n’est pas soumise à l’interdiction de négoce avant la diffusion de la recherche.

8:58

Le blog de Bernard Keppenne "Mauvaise nouvelle pour Biden"

Véritable coup de semonce et très mauvaise nouvelle pour Biden, Moody’s a abaissé la perspective de la note des Etats-Unis de « stable » à « négative », ce qui devrait alourdir le coût de la dette.

Après Fitch

Cette décision intervient après que Fitch ait baissé cette année la note des Etats-Unis, et est dès lors un signal fort qui montre que les agences de rating ne vont pas laisser la situation se dégrader sans réagir.

Pour justifier sa décision, Moody’s a estimé que « la polarisation politique continue » au Congrès augmente le risque que les législateurs ne soient pas en mesure de parvenir à un consensus sur le plan budgétaire. Et d’ajouter « tout type de réponse politique significative que nous pourrions voir à ce déclin de la force fiscale ne se produirait probablement pas avant 2025 en raison de la réalité du calendrier politique de l’année prochaine ».

Et l’avertissement est de taille, car Moody’s est la dernière des trois grandes agences de notation à maintenir la note maximale, Fitch a abaissé la note de triple A à AA+ en août, rejoignant S&P qui a ramené la note à AA+ depuis 2011.

Même si Moody’s a indiqué qu’un déclassement ne concernerait que le moyen terme, car elle a confirmé la note AAA pour les émissions à long terme.

S’ils se sont empressés de rejeter la faute sur les républicains, cette annonce n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour les démocrates et surtout pour Biden.

Et d’ailleurs, le secrétaire adjoint au Trésor s’est empressé de contester cette décision, en déclarant « bien que la déclaration de Moody’s maintienne la note AAA des États-Unis, nous ne sommes pas d’accord avec le passage à une perspective négative. L’économie américaine reste forte et les titres du Trésor constituent le principal actif sûr et liquide au monde ».

Cette annonce ne tombe évidemment pas par hasard, alors qu’un accord doit être trouvé pour éviter une fermeture des agences gouvernementales à la fin de cette semaine.

Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a annoncé, samedi, une mesure de financement temporaire en deux étapes qui permettrait de financer certains segments du gouvernement fédéral jusqu’au 19 janvier et d’autres agences jusqu’au 2 février.

Mais cette mesure a cependant peu le chance d’obtenir le soutien des démocrates, et pendant ce temps l’heure tourne.

Encore et toujours l’inflation

Mauvaise surprise en Norvège, où l’inflation, qui exclut l’énergie et les taxes, est passée de 5.7% en septembre à 6% en octobre, prenant à contrepied la Banque centrale qui avait laissé ses taux inchangés la semaine passée.

Mais elle avait averti qu’elle augmenterait probablement ses taux en décembre, le probablement étant devenu une certitude après la publication de ce chiffre, mais cela n’a pas renforcé de façon significative la couronne par rapport à l’euro.

Même l’inflation globale a augmenté en passant de 3.3% en septembre à 4% en octobre, chiffre proche des prévisions de la Banque centrale, qui avait averti qu’à 4.4% cela pourrait conduire à une hausse des taux en décembre.

Toujours à propos de l’inflation, Christine Lagarde a mis en garde sur le fait que l’inflation dans la zone euro pourrait augmenter dans les mois à venir.

« Il y aura une résurgence de chiffres probablement plus élevés à l’avenir et nous devrions nous y attendre. Même si les prix de l’énergie restaient raisonnablement stables aujourd’hui, nous perdrions l’effet de base en janvier et février » a déclaré Christine Lagarde.

Elle a cependant laissé entendre qu’une nouvelle hausse des taux ne serait pas nécessaire, car « nous sommes à un niveau où nous pensons que, si nous le maintenons suffisamment longtemps, – et ce délai n’est pas négligeable – nous atteindrons l’objectif de 2 % à moyen terme ».

Christine Lagarde a aussi regretté qu’il n’y ait pas d’accord sur un nouveau cadre budgétaire pour les pays de l’UE, estimant, comme elle l’avait déjà souligné à maintes reprises, que les restrictions budgétaires étaient nécessaires pour faire baisser l’inflation et que des dépenses trop importantes pourraient obliger la Banque centrale à resserrer sa politique pour contrer l’impulsion budgétaire.

Yen sous pression

Il faut remonter à juillet 1990 pour retrouver un niveau aussi faible du yen par rapport au dollar.

Même l’annonce de Moody’s n’a pas empêché le yen de poursuivre sa dégringolade, toujours affecté par un différentiel de taux qui joue nettement en sa défaveur.

Et rien n’exclut que le mouvement de baisse du yen ne se poursuive avec la publication du chiffre d’inflation aux Etats-Unis demain. Si ce chiffre montre que l’inflation fait de la résistance, et compte tenu des propos de Powell la semaine passée, la tension sur les taux pourrait reprendre et dès lors pousser le différentiel de taux encore à la hausse.

Source : Bernard Keppenne - Chief Economist CBC Banque & Assurance