lun. 7 août 2023
Alors que l’inflation réduit le pouvoir d’achat de nombreux ménages depuis plus d’un an (parfois sensiblement), le secteur des animaux de compagnie ne semble ne pas ressentir cette crise qui perdure... Et non seulement ce secteur résiste bien à la crise mais sa perspective de croissance est en fait alimentée par 4 tendances irréversibles :
Et si le secteur des animaux de compagnie ne concerne pas uniquement les chiens et chats, certains experts estiment néanmoins qu’il y aurait plus de 500 millions de chiens dans le monde et plus de 400 millions de chats! Hormis les chiens et les chats, il faut aussi mentionner les poissons, les petits mammifères (lapins, hamsters...), les oiseaux (perroquets, perruches...) et les « NAC » ou « Nouveaux Animaux de Compagnie » (serpents, tortues, furets, lézards...).
Concrètement, rien qu’en Europe, 88 millions de foyers auraient au moins un animal de compagnie et 67 % seraient des chiens et des chats...
Ce secteur représente donc un business très important. Selon un rapport très récent de Bloomberg Intelligence, l'industrie des animaux de compagnie devrait passer de 320 milliards de dollars aujourd'hui à près de 500 milliards de dollars d'ici 2030 ! Les ventes d'aliments pour animaux de compagnie resteront la catégorie de dépenses la plus importante et devraient connaître une augmentation de 52 %, pour atteindre plus de 135 milliards de dollars d'ici à 2030. L'analyse montre aussi (voir tableau ci-dessous) que les États-Unis devraient rester le plus grand marché des animaux de compagnie au monde, avec des ventes avoisinant les 200 milliards de dollars d'ici la fin de la décennie. L’Europe est le 2ème marché le plus important. USA et Europe représentent ainsi les trois quarts du marché des animaux de compagnie.
Autre constat très intéressant, l'industrie des animaux contribue largement au développement économique : ainsi en Europe, on estime que près de 1 000 000 emplois directs et indirects sont créés dans ce secteur.
En Belgique, où 53 % des personnes possèdent un animal de compagnie, selon une étude de Comeos publiée à l’automne dernier, 3.5 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour les animaux de compagnie dans notre pays. Ce chiffre inclut la nourriture et les autres produits ou services. Rien que pour la nourriture, chaque belge propriétaire d’un chien dépense par exemple en moyenne 549 euros par an pour son animal...
Mais si la nourriture représente une part importante du budget, d’autres produits ou services sont aussi de plus en plus importants. En fait, le phénomène d'humanisation des animaux de compagnie a multiplié les produits répondant aux besoins des animaux en matière non seulement d'alimentation mais aussi de sécurité, de dressage, de literie, de jouets, de produits de bain, etc. Les services pour animaux de compagnie comme les gardes, les promenades, les soins et les pensions enregistrent également une importante tendance à la hausse.
C'est aussi un secteur économique qui profite et qui surfe sur les innovations technologiques. De nombreux objets connectés pour chats, chiens ou autres animaux voient ainsi régulièrement le jour : colliers permettant de géolocaliser son animal préféré, distributeur de nourriture relayé à un smartphone programmable à distance, etc. Enfin internet a dopé le secteur. Ainsi actuellement près de la moitié des propriétaires d'animaux achètent de la nourriture en ligne contre une trentaine de pourcents il y a 5 ans.
Notons enfin que l’assurance-santé pour animaux se développe aussi fortement et devrait, selon certaines sources, dépasser les 10 milliards de dollars d’ici 2025 avec un taux de croissance annuel de près de 7 %. Les frais de vétérinaires peuvent en effet coûter très cher : ainsi par exemple, pour une opération chirurgicale pour une rupture des ligaments croisés la facture peut atteindre 900 à 1 600 euros ! Pour une séance de radiothérapie en cas de cancer, le coût se situerait entre 1 200 et 1 500 euros...
Dans certains pays l’assurance pour animaux est déjà largement démocratisée, comme en Suède où, signalait le journal Les Echos il y a 2 ans, 91 % des chiens et 56 % des chats sont assurés !
En Bourse, l’indice mondial « Stoxx Global Pet Care Index » (en blanc ci-dessous) qui regroupe 35 sociétés ayant des activités dans les produits et services pour animaux de compagnie a bénéficié, en 2020 et 2021, de ce qu’on pourrait appeler « l’effet Covid ». Les ménages ont alors dépensé sans compter pour leurs animaux. Depuis 2022, l’effet s’est clairement estompé, mais depuis fin 2019 l’indice Stoxx Global Pet Care continue à tenir la dragée haute par rapport au S&P 500 (en orange), pourtant très favorablement boosté par les actions technologiques, en particulier en 2023. D’un autre côté, l’indice Stoxx Global Pet Care surperforme toujours par rapport à l’indice Stoxx 600 Europe (en jaune) depuis près de 3 ans et demi... Bref, le marché des animaux de compagnie a des fondamentaux qui semblent toujours charmer les investisseurs !
Source : Michel Ernst, Stratégiste Actions Senior - CBC Banque Privée
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Les chiffres d’inflation aux États-Unis et en Chine vont dominer la semaine, dans l’espoir que l’inflation sous-jacente aux États-Unis amorce une vraie courbe rentrante.
Le marché de l’emploi
Le fait que les créations d’emploi aux États-Unis ont été moindre que prévu, n’a pas été suffisant pour donner une indication sur les intentions futures de la FED.
Le fait que les créations d’emploi n’ont été que de 187 000 a été contrebalancé par une baisse du taux de chômage à 3,5 % contre 3,6 %, et par une hausse du salaire horaire moyen annuel à 4,4 %, soit un niveau largement supérieur à l’objectif de la FED.
Le fait que ces chiffres ne donnent pas d’indication claire laisse quand même l’espoir de voir l’économie américaine effectuer un atterrissage en douceur, mais il faut pour cela que l’inflation sous-jacente continue de reculer.
La baisse de rating
Le fait que Fitch ait abaissé le rating des États-Unis de façon assez spectaculaire est tout sauf anodin. D’abord, parce que cela a provoqué une petite tension sur les taux longs ce qui augmente encore le coût de la dette pour le Trésor américain.
Le fait que, malgré les cris d’orfraie des responsables américains, ces derniers savaient pertinemment que, fin mai, Fitch avait placé la note AAA des États-Unis sous surveillance négative, ce qui pouvait mener à une dégradation.
Le fait qu’à l’époque, Fitch avait mis en garde contre la politique de la corde raide concernant le plafond de la dette, et « l’incapacité des autorités américaines à s’attaquer de manière significative aux défis budgétaires à moyen terme », n’a pas été suivi vraiment d’effet et le règlement du plafond de la dette a été reporté.
Le fait que Fitch cite « l’érosion de la gouvernance » comme un facteur qui a poussé à abaisser le rating résonne évidemment comme une mise en garde pour tous les autres États qui sont dans la même situation... suivez mon regard.
Le fait que Fitch ne se limite pas à cet élément pour justifier cette décision, mais pointe aussi l’augmentation des niveaux d’endettement et le manque de progrès dans la lutte contre les défis budgétaires à moyen terme tels que l’augmentation des coûts de la sécurité sociale et de l’assurance-maladie résonne aussi pour d’autres États.
Le risque climatique
Le fait que cette baisse de rating intervient au moment où une étude sort sur l’impact économique du changement climatique sur les notations de crédit souveraines actuelles.
Le fait que selon cette étude, l’incapacité de la communauté internationale à réduire les émissions de carbone entraînera une augmentation des coûts du service de la dette pour 59 pays au cours de la prochaine décennie, dont les États-Unis, mais également la Chine, l’Inde et le Canada.
« Nos résultats soutiennent l’idée que le report des investissements verts augmentera les coûts d’emprunt pour les nations, ce qui se traduira par des coûts plus élevés de la dette des entreprises », a déclaré la chercheuse Patrycja Klusak à propos de l’étude menée par l’université d’East Anglia (UEA) et l’université de Cambridge.
Pour cette étude, l’UEA et l’université de Cambridge ont entraîné des modèles d’intelligence artificielle sur les notations existantes de S&P, puis les a combinés avec des modèles économiques climatiques et les propres évaluations des risques de catastrophes naturelles de S&P afin de créer de nouvelles notations pour différents scénarios climatiques.
Le fait que si les émissions continuent d’augmenter, selon ce modèle, cela entrainerait la dégradation de la note de 59 États. Par contre, si la planète parvient à respecter l’objectif de l’accord de Paris sur le climat, avec des températures maintenues en dessous d’une hausse de deux degrés, cela n’aurait aucun impact sur les notes de crédit souveraines ou limité.
Contrôle de la courbe
Le fait que la BOJ ait élargi le plafond au-delà duquel le rendement de l’obligation japonaise à 10 ans pouvait aller et tout sauf anodin. Car rappelons que la BOJ est la dernière grande Banque centrale à maintenir une politique monétaire très souple.
Le fait que cette annonce pourrait être le signe avant-coureur d’un changement de politique, avec le risque, en cas de hausses des taux, de voir les capitaux japonais revenir au Japon et déstabiliser certains marchés obligataires.
Le fait que cette annonce de faire passer le plafond de 0,5 % à 1 % a entrainé une hausse du rendement de l’obligation japonaise à 10 ans.
Le fait que vous avez constaté que l’expression « le fait que » est revenue bien souvent dans mon commentaire ce matin.
Le fait que c’est un petit clin d’œil de retour de vacances d’une de mes lectures du livre écrit par Lucy Ellmann intitulé « les lionnes », livre de plus de 1 000 pages sans point ni chapitre, et qui décrit ce qui passe par la tête d’une femme au foyer aux États-Unis.
« Le fait que » est une formule litanique qui revient après chaque virgule et qui « nous emporte dans une apnée littéraire exceptionnelle ». Et je voulais indirectement vous faire partager ma découverte et garder encore un peu un goût de vacances.
Ah oui, le fait que le temps est maussade en Belgique n’est vraiment pas le signe qu’il n’y a pas de changement climatique, bien au contraire.
Le fait que... non, je m’arrête là pour aujourd’hui.
Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances