lun. 23 janv. 2023

11:45

Les titres les plus négociés sur Bolero

Chaque jour, nous vous offrons un aperçu des titres les plus négociés chez Bolero sur Euronext. Idéal pour prendre la température du marché boursier et pour découvrir les actions ou les titres que les autres investisseurs s'arrachent !

Dans le top 10 aujourd'hui : Sofina, VGP, KBC, ASML, Umicore, D'Ieteren, KBC Ancora, Solvay, Euronav, UCB.

9:30

Après le Covid-19, le business des salles de cinéma reprend vie !

Michel Ernst est Stratégiste Actions Senior chez CBC Banque et Assurance. Chaque vendredi, il commente l'actualité boursière. Cette semaine, il se concentre sur les salles de cinéma, et plus particulièrement sur l'engouement retrouvé pour celles-ci...

Durant la pandémie de Covid-19, les cinémas ont fait partie des activités professionnelles qui ont le plus souffert. Si cette industrie n’est pas encore totalement rétablie, elle va cependant beaucoup mieux. En 2020 les complexes de cinéma ont vu leur chiffre d’affaires s’effondrer, les salles étant soit fermées soit soumises à de strictes contraintes sanitaires limitant leur accès durant de longues périodes. En 2021, la situation a quelque peu commencé à s’améliorer. Ainsi, le principal groupe belge - qui exploite plus de 100 cinémas en Europe et au Canada - a vu son nombre de visiteurs chuter de 40,3 millions en 2019 à seulement 12,1 millions en 2020 avant d’un peu remonter en 2021 (17,2 millions) et de poursuivre cette tendance haussière en 2022 (21,1 millions après 9 mois).

Plus globalement, selon les estimations de Gower Street Analytics et Comscore – spécialisées dans l’analyse de l’industrie cinématographique - le total des recettes des entrées au cinéma dans le monde (appelé aussi « box-office ») a atteint 25,9 milliards USD en 2022. Cela représente un gain de 27 % par rapport à 2021, poursuivant ainsi la reprise du box-office mondial. Cependant, il reste encore du chemin à parcourir pour retrouver les niveaux d’avant la pandémie, avec un retard de 35 % environ sur la moyenne des trois dernières années pré-pandémiques (soit 2017 à 2019), correspondant à une perte d'environ 14 milliards USD aux taux de change actuels.

Hors des effets négatifs exceptionnels comme ceux résultant de la pandémie, les salles de cinéma sont par ailleurs ordinairement soumises à 2 facteurs très importants, mais difficilement prévisibles :

  • La météo : s’il fait beau, les gens ont tendance à moins privilégier les activités de loisirs d’intérieur ; si le temps est maussade, c’est l’inverse…
  • Le lancement et le succès ou non de super-productions ou « blockbusters », soit des films en général à grande audience. En 2022, plusieurs blockbusters comme « Jurassic World: le Monde d'après », « Top Gun: Maverick » et « Avatar 2 : La voie de l'eau » ont notamment permis une continuation de la reprise de la fréquentation des salles de cinéma.

Pour contrer le caractère aléatoire de la météo et de l’offre de films à succès, les complexes de cinémas cherchent sans cesse à faire évoluer leur offre, en « plus » et en « mieux ». En « mieux », les grands multiplex de cinéma proposent par exemple :

  • des salles HFR (High Frame Rate) : au lieu de 24 images/seconde, le film est projeté en 48 images/seconde, donnant une impression de meilleure fluidité, notamment dans les films d’action ;
  • des salles Dolby Cinema : salles luxueuses équipées de technologies de projection de pointe ;
  • des salles IMAX : écrans géants à haute définition ;
  • des salles 4DX : les sièges peuvent bouger au moment de scènes d’action et les salles 4DX diffusent aussi des odeurs, de la vapeur d’eau, des effets de lumière… ;
  • des salles ScreenX : grâce à 3 écrans, on étend l'image sur les murs latéraux. Un dispositif qui permet de profiter ainsi d'une projection panoramique immersive à 270 degrés ;
  • ou encore des salles Onyx LED : le film est directement projeté sur un écran LED. Couleurs et luminosité sont meilleures et l’image est belle même dans les coins. (Dolby Cinema, IMAX, 4DX ou 3D: quelle est la meilleure technologie au cinéma? - Numerama)

En  « plus », donc pour augmenter et lisser leurs revenus, les cinémas ont aussi développé des activités connexes comme par exemple les « Ladies Nights », les soirées Opéra (retransmission, en direct, sur grand écran et avec une sonorité exceptionnelle, d’une œuvre jouée à l’Opéra de Milan par exemple), des soirées « foot » lors de matchs de l’équipe nationale ou encore des journées réservées aux « events » internes de sociétés.

Il est important aussi de signaler qu’au niveau géographique, le secteur des salles de cinéma ne fonctionne pas de manière uniforme. Différents éléments peuvent expliquer cette différentiation :

  • Pendant la crise sanitaire par exemple, les contraintes imposées au milieu de la culture (dont font partie les cinémas) étaient différentes selon les pays ;
  • Des films à connotation locale peuvent aussi favoriser la fréquentation des salles dans certains pays. Au Japon par exemple, grâce à l’incroyable succès du film « One Piece Film Red » tiré du célèbre Manga, les recettes des salles y ont presque rattrapé leur niveau antérieur à la crise, soit - 9,4 % par rapport à 2017-2019 ;
  • La plus forte dépendance de certains pays à une programmation d’autres pays. Par exemple il y a une forte dépendance du marché espagnol au cinéma américain et selon la dynamique plus ou moins forte d’Hollywood, les recettes des cinémas seront plus ou moins importantes. Cinéma: les salles françaises tirent leur épingle du jeu en Europe | Les Echos

Ainsi, comme on le voit sur le tableau ci-dessous, certains pays ont mieux progressé en 2022 par rapport à 2021, comme les pays germaniques (Allemagne, Autriche), l’Italie… ou la Belgique. Plus en retrait, on trouve les pays anglo-saxons (Royaume-Uni, Irlande, USA), la France et surtout l’Espagne.

Le retour progressif à la normale devrait se poursuivre cette année. Ainsi, dans une autre étude parue mi-décembre 2022, Gower Street Analytics estime que le box-office mondial pourrait atteindre 29 milliards USD en 2023. Toutefois, ce chiffre pourrait encore évoluer, à la baisse ou à la hausse, dépendant, comme on l’a vu ci-dessus, des aléas de la météo et du succès (ou non) des « blockbusters » annoncés cette année. En 2023 devraient ainsi être diffusés « Indiana Jones et le Cadran de la destinée », 3 films des super héros Marvel (« Ant-Man et la Guêpe : Quantumania », « Les Gardiens de la Galaxie 3 » et « The Marvels »), « Aquaman » ou « Dune 2 » par exemple.

Il sera aussi intéressant de voir en 2023 comment le public réagira par rapport à un pouvoir d’achat sérieusement écorné par une inflation élevée, les dépenses consacrées aux loisirs n’étant pas prioritaires (contrairement à l’alimentation ou la santé par exemple) pour une certaine partie de la population… Il faut d’ailleurs rappeler que l’industrie du cinéma fait partie, en bourse, du secteur de la consommation cyclique.

Et si l’industrie du cinéma reprend vie après les effets négatifs du Covid-19, il reste encore une marge par rapport aux 42,3 milliards USD de recettes atteints en 2019 - un record historique – comme on le voit sur le tableau ci-dessous :

Source : Michel Ernst - Stratégiste Actions Senior CBC Banque et Assurance

8:25

Le blog de Bernard Keppenne : « Le dollar perd de sa superbe »

Tout ce qui confirme le ralentissement de l’économie américaine rassure sur les intentions de la FED et fait baisser le dollar.

Le marché immobilier

Je l’ai déjà souligné plusieurs fois, le marché immobilier aux États-Unis est fortement affecté par la hausse des taux et montre de sérieux signes de ralentissement.

C’est ce qui est ressorti du chiffre des ventes de logements existants qui affiche son niveau le plus bas depuis 12 ans. Elles ont diminué de 1,5 % en taux annuel au mois de décembre et il s’agit de la 11ème baisse mensuelle consécutive des ventes, soit la plus longue depuis 1999.

Mais il y a une petite éclaircie, car la perspective d’une FED moins agressive a fait reculer les taux longs et dès lors les taux hypothécaires. Ainsi, le taux à 30 ans a chuté à 6,15 %, soit son niveau le plus bas depuis la mi-septembre.

On pourrait dès lors assister à une stabilisation de ce marché, et malgré ce fort ralentissement, le prix médian des maisons a malgré tout augmenté de 2,3 % en taux annuel à 366 900 dollars en décembre. Ce qui fait que sur l’année 2022, les prix des maisons ont augmenté de 10,2 %, stimulés par une grave pénurie de maisons à vendre.

Cette situation devrait perdurer en 2023, ce qui fait penser que cette absence d’offre excédentaire ne devrait pas provoquer un effondrement du marché.

Recul du dollar

Par rapport à l’euro, car contrairement à la FED qui devrait modérer ses prochaines hausses, la BCE devrait se montrer toujours aussi agressive, s’il on en croit les dernières déclarations de ses membres.

Et l’euro bénéficie aussi d’une amélioration attendue des indices de confiance PMI qui seront publiés demain, ce qui contraste avec des indices en net recul aux États-Unis.

Par rapport au sterling, parce que la BoE est aussi attendue sur une hausse de 0,50 % de son taux lors de sa prochaine réunion, mais certainement pas parce que la situation économique s’améliore, en revanche.

Par rapport à un panier de devises, même s’il s’est stabilisé par rapport au yen et au yuan, mais la perspective d’une FED moins agressive joue en plein.

Par rapport au dollar canadien, dans la perspective de la réunion mercredi de la Banque centrale du Canada, qui devrait augmenter pour la dernière fois son taux de 0,25 % à 4,50 %.

Par rapport à la roupie indienne, avec même des rumeurs qui laissaient entendre ce matin que la Banque centrale était intervenue en achetant du dollar pour contenir la hausse de sa devise.

Confiance qui se redresse

Il n’y a pas que les indices PMI en zone euro qui se redressent, mais également l’indice de confiance des consommateurs en Belgique, publié par la BNB.

Certes, il demeure encore faible, mais il s’agit quand même du troisième mois de hausse, et cette hausse est due à des perspectives économiques plus favorables essentiellement, et à une nouvelle baisse du chômage, mais dans une moindre mesure que le mois précédent.

Il est évident que la baisse des prix du gaz n’est pas pour rien dans cette hausse de la confiance, mais la résilience de l’économie européenne est aussi assez remarquable.

Mais pas de baisse du prix du pétrole

Ce dernier profite de la perspective d’une reprise de l’économie chinoise après le Nouvel An chinois et aussi d’une reprise déjà des voyages en Chine pour ce Nouvel An. L’espoir d’une reprise pourrait encore plus tendre les prix, même si à ce stade à part savoir que le taux de contamination serait de 80 %, il est impossible de déterminer l’ampleur des décès ni quand l’activité reprendra normalement après la période de congé.

Le tout sur fond de la mise en place à partir du 5 février du plafonnement du prix des produits raffinés russes, en plus du plafonnement des prix du brut russe en place depuis décembre et d’un embargo de l’UE sur les importations de brut russe par voie maritime.

Source : Bernard Keppenne - Chief Economist CBC Banque & Assurance