lun. 30 oct. 2023
La chronique de Michel Ernst : « La thématique favorite des investisseurs n’est pas celle qu’on croit ! »

Quelles sont les thématiques prioritaires des investisseurs actuellement ?
Au vu des nombreux articles publiés dans les médias, on serait tenté de répondre : l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables, les « big tech », les véhicules électriques, les marchés émergents, l’or ou encore les matières premières. Et bien non, selon une étude américaine publiée le 30 août dernier, la stratégie de loin la plus populaire auprès des investisseurs particuliers est l’investissement en dividendes ! 50 % des personnes interrogées ont choisi cette stratégie d’investissement en priorité devant l’intelligence artificielle (36 %), l’indexation boursière (36 %), les énergies renouvelables (33 %) ou encore les « big tech » (31 %) ! Source : The Retail Investor Report: They’re not leaving, so what’s next? | by Public | Public Stories | Aug, 2023 | Medium
Pourquoi les dividendes sont-ils tellement appréciés des investisseurs particuliers ?

Un constat important : les dividendes sont plus résilients que les bénéfices
Quels sont les secteurs les plus généreux en termes de dividendes ?
Les sociétés de certains secteurs ont la réputation de verser des dividendes donnant des rendements importants. À ce titre, on peut ainsi citer les telecoms, la finance, l’immobilier ou l’énergie. Mais les conditions économiques ainsi que certaines contraintes liées à un secteur plutôt qu’à un autre peuvent, à un certain moment, davantage privilégier un secteur plutôt qu’un autre.
Par exemple, en 2019, juste avant le début de la pandémie, le secteur financier (en bleu foncé sur le graphe ci-dessous) générait la croissance des dividendes la plus rapide. Mais vu l’incertitude économique qui a ensuite prévalu, la Banque Centrale Européenne (BCE) a d’abord (fin mars 2020) imposé aux banques un gel complet des dividendes pour ensuite (en décembre 2020) assouplir cette directive. À ce moment-là, les banques désirant verser des dividendes étaient invitées à plafonner leur versement à 15 % des bénéfices cumulés des exercices 2019 et 2020, ou 20 points de base du ratio de fonds propres durs dit « CET1 », le montant le plus bas devant être retenu.
Mais en 2022, l’énergie (en bleu clair sur le graphe sur le graphe) a occupé la première place grâce à l’explosion des prix pétroliers générant des bénéfices historiques et, partant, des dividendes en forte croissance.

Quel rendement dividendaire peut-on espérer actuellement ?
Géographiquement, il y a des différences parfois importantes. Ainsi aux USA, le rendement dividendaire brut moyen n’est que de 1,62 % actuellement. Cette « absence de générosité » envers les actionnaires masque 2 choses : d’une part le fait que beaucoup de sociétés préfèrent au paiement de dividendes les rachats d’actions (« share buyback ») plus intéressants fiscalement parlant. Deuxième explication : la proportion très importante de sociétés technologiques qui représentent 40 % de l’indice S&P 500 au sens large. Celles-ci payent généralement moins de dividendes et se focalisent plutôt sur les dépenses en R&D. C’est ce phénomène qui explique aussi pourquoi aux Pays-Bas les sociétés de l’AEX (qui comprend 25 % de sociétés technologiques, la proportion la plus importante en Europe) affichent un rendement brut moyen de seulement 2,77 %.
Par contre en Allemagne, les sociétés reprises sur l’indice DAX donnent un rendement brut moyen de 3,92 %. En France, l’indice CAC 40 affiche un chiffre de 3,40 %. Et en Belgique le rendement de l’indice BEL20 est actuellement en moyenne de 3,69 % brut (soit 2,58 % net). Mais sachant par ailleurs que, toujours en Belgique par exemple, certains secteurs donnent actuellement un rendement bien supérieur comme les SIR (actions immobilières) ou les financières qui offrent - en moyenne - un dividende de plus de 7 % brut (soit 5,5 % net)…
Source : Bernard Keppenne, Stratégiste Actions Senior - CBC Banque Privée






