Le Blog de Bolero
mar. 25 août 2026
Nouvelles recommandations pour les actions

Publication : le 25 août 2026 à 9h35

La présente communication n’a pas été établie conformément aux dispositions relatives à la promotion de la recherche indépendante en investissement et n’est pas soumise à l’interdiction de négoce avant la diffusion de la recherche.
Le blog de Bernard Keppenne : « L’illusion des sanctions, la réalité de l’inflation »

L’Arabie saoudite va créer des parcs d’attractions et investir pour cela 6 milliards d’euros en France, ce qui va ainsi sauver l’économie française en bétonisant de nouveau, en utilisant de l’eau et en provoquant des bouchons sur les routes.
Illusion
Après l’été que nous venons de connaître cette annonce est lunaire, et totalement hors sol dans tous les sens du terme.
Un peu comme les annonces du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a propos des sanctions contre l’Iran, mais surtout contre les pays qui collaborent avec lui.
L’Iran vit déjà sous sanctions depuis des années, et le blocus américain de ses ports a déjà des effets dévastateurs. Selon Kpler, l’Iran exportait en moyenne 1,75 million de barils par jour avant le début de la guerre. Ce chiffre a chuté à seulement 255.000 barils par jour en août, contre 893.000 barils par jour en juillet.
Si Bessent a menacé les pays qui aident l’Iran d’être exclus du système financier, dans les faits, le département du Trésor a annoncé de nouvelles sanctions contre 60 individus, entités et navires, mais la liste ne comportait aucune des institutions financières chinoises soupçonnées de faciliter le commerce pétrolier de l’Iran.
Reste à savoir comment l’Iran va réagir, et si de nouvelles frappes pourraient intervenir. Mais une certitude, le peuple iranien sera une nouvelle fois le grand perdant, et l’Iran risque fort de devenir un nouvel Afghanistan.
Crédibilité
L’administration américaine a perdu toute crédibilité avec cette guerre, et ce vendredi, lors de la conférence annuelle de Jackson Hole, le président de la FED, Kevin Warsh, a une occasion unique de restaurer sa crédibilité et de rassurer les marchés obligataires.
Il ne pourra pas faire comme si l’inflation trop élevée n’était pas une réalité, et comme si la hausse des rendements obligataires n’était pas un signal inquiétant.
Et il ne pourra pas ignorer la hausse aussi des taux courts, ce qui n’a pas empêché l’accentuation de la pentification de la courbe quand on regarde l’évolution de l’écart de rendement entre le Treasury 2 ans et celui à 30 ans.

Comme le soulignait, la semaine passée, Krishna Guha, ancien haut responsable de la FED de New York et aujourd’hui vice-président d’Evercore ISI, « Warsh a tenté de faire valoir de façon non conventionnelle que la FED devrait rester en retrait et laisser le marché former une courbe de taux non guidée … tout en suggérant qu’un resserrement long à long terme, il peut être préférable au resserrement à courte durée. Il est difficile de défendre cela quand les investisseurs voient Bessent comme essayant de gérer la partie longue ».
Et le doute, ce qui est la pire des choses, s’insinue insidieusement sur le fait que Warsh ne précise pas les intentions de la FED pour ne pas déplaire à Trump.
Message plus clair de la BCE
La BCE a eu le mérite de ne pas tergiverser, même si la hausse des taux en juin fait toujours débat, et a clairement laissé entendre que, lors de sa réunion de septembre, elle procèderait à une nouvelle hausse.
D’autant plus avec le fait que le conflit au Moyen-Orient va s’éterniser, ce qui maintient la pression sur le prix du baril et surtout sur le prix du gaz alors que les niveaux des stocks en Europe sont trop faibles.
Et si le marché a déjà intégré cette hausse de 0,25 % en septembre, si l’on observe l’indicateur du taux à court terme sur cinq ans, qui est un indicateur du taux neutre, le marché le voit encore plus haut.

Compliqué
La poursuite du conflit au Moyen-Orient rebat les cartes et pourrait forcer les Banques centrales à procéder à des resserrements monétaires plus importants qu’envisagé au début de ce dernier.
Le débat a aussi agité le Conseil de la Banque centrale d’Australie, comme l’a révélé, ce matin, la publication des minutes de ce dernier. Plusieurs membres ont en effet estimé qu’une hausse des taux pourrait être nécessaire compte tenu des risques haussiers liés à l’inflation.
Alors que d’autres membres estimaient que le taux actuel de 4,35 % contribuait à faire baisser l’inflation et qu’ils pouvaient se permettre « un certain temps » pour observer l’évolution de l’économie.
Résultat, le statu quo a été voté à l’unanimité, et « tous les membres ont convenu qu’étant donné les incertitudes actuelles, les décisions à venir bénéficieraient d’informations supplémentaires qui pourraient renforcer leur conviction quant aux perspectives d’inflation ».
Et les minutes soulignent que, « les membres ont noté qu’à la réunion suivante, ils auraient reçu des rapports mensuels supplémentaires sur l’inflation et le marché du travail ainsi que les comptes nationaux du trimestre de juin, tout en obtenant des informations supplémentaires sur les tendances du marché immobilier et le déroulement du conflit au Moyen-Orient ».

Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances






