ven. 30 janv. 2026
Le blog de Bernard Keppenne : « Le paradoxe des économies en ce début d’année »

La journée sera ponctuée par la publication des chiffres de croissance au quatrième trimestre pour une série de pays dans la zone euro, chiffres qui ne devraient pas surprendre, mais elle sera aussi normalement marquée par l’annonce du nom du nouveau président de la FED par Trump.
Chiffres de croissance
Je reviendrai lundi sur ces chiffres de croissance, pour la zone euro, la croissance est attendue à 0,2 % d’un trimestre à l’autre, soit un taux annuel de 1,2 % contre 1,4 % au trimestre précédent.
Ce chiffre me permet d’embrayer sur le chiffre de croissance en Belgique, publié hier par la BNB, qui s’est élevé à 0,2 % d’un trimestre à l’autre. Pour l’ensemble de l’année 2025, la Belgique affiche une croissance de 1 %, tirée par une hausse de 3,8 % de la valeur ajoutée dans la construction, de 0,9 % dans les services et de 0,2 % dans l’industrie.
Sans surprise, l’industrie continue de souffrir et ne devrait pas connaître de rebond significatif en ce début d’année.
Nous aurons également aujourd’hui la publication des chiffres d’inflation pour l’Espagne et l’Allemagne, après avoir eu celle de la Belgique également hier.
La baisse des prix de l’énergie, mais c’était évidemment avant les dernières tensions et la hausse du baril, a fait baisser nettement l’inflation en Belgique, qui est passée de 2,06 % à 1,10 % en janvier, selon Statbel.

L’inflation sous-jacente, qui ne tient pas compte de l’évolution des prix des produits énergétiques et des produits alimentaires non transformés, s’établit à 2,54 % en janvier, contre 3,00 % en décembre.
Rendez-vous dans 1 an !
Ou presque, pour la majorité des Banques centrales, qui, sauf élément exceptionnel, ne devraient pas bouger à leurs taux d’intérêt cette année.
C’est le cas de la Banque centrale suédoise qui a, hier, maintenu son taux d’intérêt directeur à 1,75 %, et a réitéré sa prévision selon laquelle aucun changement n’était probable pour le reste de l’année.
Pour autant, « l’incertitude concernant les perspectives d’inflation et d’activité économique s’est accrue ». Et dès lors « la Riksbank est vigilante quant à l’évolution de la situation et est prête à ajuster sa politique monétaire si les perspectives changent ».
Mais pour le moment, pas de raison d’agir, le gouvernement prévoit une croissance du PIB d’environ 3,0 % cette année, et l’inflation devrait passer en dessous de l’objectif de 2 %.
La couronne suédoise est restée ferme par rapport à l’euro après cette annonce, et devrait le demeurer compte tenu d’une croissance plus solide attendue cette année.

La jolie courbe rentrante
De la part du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, interrogé sur la possibilité d’une intervention pour soutenir le yen, il a déclaré « nous ne faisons pas de commentaires, si ce n’est pour dire que nous avons une politique de dollar fort ».
Tiens donc, voilà qui contredit quelque peu les propos de Trump il y a deux jours, propos qui avaient accentué la baisse du dollar.
Mais Bessent a sans doute bien saisi la menace, car il a ajouté « si nous menons des politiques saines, l’argent affluera et nous réduirons nos déficits commerciaux, ce qui devrait automatiquement renforcer le dollar au fil du temps ».
Justement à propos de déficit, le déficit commercial des Etats-Unis a augmenté de 94,6 % d’un mois à l’autre en novembre pour s’établir à 56,8 milliards de dollars. Cette variation en pourcentage est la plus importante depuis mars 1992.
Les importations ont augmenté de 5,0 % pour atteindre 348,9 milliards de dollars, les importations de biens ont progressé de 6,6 % pour atteindre 272,5 milliards de dollars, les biens d’équipement ayant augmenté de 7,4 milliards de dollars pour atteindre un niveau record. Elles ont été stimulées par les fortes hausses des importations d’ordinateurs et de semi-conducteurs.
En revanche, les exportations ont chuté de 3,6 % pour atteindre 292,1 milliards de dollars en novembre. Les exportations de biens ont chuté de 5,6 % pour atteindre 185,6 milliards de dollars.
Dans le contexte de hausse des droits de douane, il est intéressant d’observer que le déficit du commerce des biens s’est creusé de 47,3 % pour atteindre 86,9 milliards de dollars.
Cette aggravation du déficit en novembre a incité à revoir à la baisse le chiffre de croissance pour le quatrième trimestre, un niveau en dessous des 3 % en taux annuel étant maintenant anticipé.
Croissance solide
Le gouvernement indien table sur une croissance entre 6,8 % et 7,2 % au cours de l’année fiscale débutant en avril, contre un taux de 7,4 % pour l’année fiscale en cours.
Pour la ministre des finances, Nirmala Sitharaman, les perspectives « sont celles d’une croissance stable dans un contexte d’incertitude mondiale, ce qui exige de la prudence, mais pas du pessimisme ».
Le rapport souligne que « la valorisation de la roupie ne reflète pas exactement les fondamentaux économiques stellaires de l’Inde », mais « elle compense dans une certaine mesure l’impact de l’augmentation des droits de douane américains sur les produits indiens », droits de douane qui s’élèvent à 50 %.

Cette faiblesse de la devise est cependant un frein à l’investissement de la part des investisseurs étrangers, qui ont retiré un montant record de 19 milliards de dollars des actions indiennes en 2025 et sont restés vendeurs en janvier.

Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances





