mer. 17 juin 2026
Le blog de Bernard Keppenne : « La pression monte sur Warsh, comme la chaleur »

Tous les regards seront tournés ce soir vers Kevin Warsh, le nouveau président de la FED, pour sa première conférence de presse, après une réunion qui aura décidé de laisser les taux inchangés.
Statu quo
Car même si le prix du baril continue de corriger, l’inflation aux États-Unis est bien trop élevée par rapport à l’objectif de la FED, et mettra du temps pour revenir à ce dernier.
Et parce que le marché de l’emploi, qui avait montré des signes d’affaiblissement, s’est révélé solide depuis le début de l’année, ce qui ne justifierait en rien une baisse des taux.
Ce qui importera ce soir est la teneur des propos qu’il tiendra durant la conférence de presse, et le marché scrutera le moindre signe qui pourrait indiquer quelle sera la tendance future sur les taux, même si Warsh a indiqué qu’il n’était pas un grand partisan de donner des indications sur les intentions futures de la FED.
Je table sur un statu quo jusqu’à la fin de l’année, mais il faudra voir les prévisions des membres de la FED, alors que le marché n’exclut pas une hausse des taux, même si le rendement du Treasury 2 ans a reculé.

Hausse de l’inflation
L’inflation en Grande-Bretagne est attendue en hausse, mais cela ne devrait pas modifier la décision de la Banque d’Angleterre de laisser ses taux inchangés demain, estimant ne pas encore observer d’effet de second tour.
L’inflation est attendue à 3 % contre 2,8 %, et l’inflation sous-jacente à 2,7 % en mai contre 2,5 % le mois précédent.
Comme aux Etats-Unis, le rendement de l’obligation à 2 ans a fait une courbe rentrante et n’intègre plus de hausses des taux.

Proactive
Tel est le message distillé par Philip Lane, l’économiste en chef de la BCE, soulignant que malgré la baisse du prix du baril « nous continuerons à mener une politique monétaire proactive en fonction de l’évolution des risques ».
Pour Lane, le prix du baril devrait rester supérieur à 70 $ pendant les années à venir, soit un niveau correspondant au scénario de préférence de la BCE qui implique que l’inflation sera de 3,0 % cette année, de 2,3 % l’année prochaine et de 2,0 % en 2028.
Lane, qui jusqu’à présent était plutôt considéré comme une colombe au sein de la BCE, se montre plus ferme et ne semble pas exclure une nouvelle hausse des taux si nécessaire, tout en soulignant la résilience de l’économie européenne.
Exportations en hausse
Les exportations japonaises ont augmenté de 17 % en taux annuel en mai après une hausse de 14,8 % en avril, même si le chiffre en volume relativise la hausse, car elle n’est que de 0,5 %.
La faiblesse du yen et la forte demande pour les semi-conducteurs expliquent cette nouvelle progression des exportations.
Les exportations vers les États-Unis ont progressé de 12,5 % en mai par rapport à l’année précédente, tandis que celles vers la Chine ont augmenté de 17,9 %.
Les importations ont progressé de 12,5 % en mai par rapport à l’année précédente, avec une chute des importations de pétrole brut de 57,3 % en volume.
Autre indicateur positif, les commandes de machines de base ont augmenté de 8,7 % en avril par rapport au mois précédent, contre un recul de 9,4 % en mars.
Hausse aussi à Singapour des exportations en mai, qui ont augmenté de 38,4 % en taux annuel, portées aussi par la forte demande liée à l’IA.
Les exportations de produits électroniques vers les États-Unis ont progressé de 303 % en taux annuel, et celles vers Taïwan de 218,6 %.
Fortes chaleurs
Nouvel épisode de chaleur en Europe ces prochains jours, après un premier en mai, qui souligne la récurrence du phénomène et son accélération.
Et les perspectives ont de quoi inquiéter, en particulier les conséquences du fameux phénomène El Niño.
Selon le service météorologique australien, les températures de surface de la mer dans la région ont dépassé les seuils caractéristiques d’El Niño et tous les indicateurs atmosphériques concordent avec ce phénomène.
« Les prévisions laissent entrevoir un épisode El Niño fort à très fort, compte tenu de l’ampleur du réchauffement dans le centre du Pacifique tropical ».
Les conséquences sont une baisse des précipitations en hiver et au printemps, en particulier sur la côte est de l’Australie, ainsi qu’à une hausse des températures diurnes dans le sud du pays.
Et les conséquences pourraient très lourdes pour l’Australie, mais pas seulement car cela pourrait entraîner des pluies excessives sur le continent américain et des conditions chaudes et sèches en Asie, car cela pourrait affecter la production agricole du pays, qui figure parmi les plus grands exportateurs mondiaux de blé, de sucre et de viande bovine.
Le dernier El Niño connu en Australie, de 2023 à 2024, a provoqué la période de trois mois la plus sèche jamais enregistrée.

Source : Bernard Keppenne, Chief Economist - CBC Banque & Assurances






